Quel était le meilleur choix pour entrainer Braga ?

 Quel était le meilleur choix pour entrainer Braga ?

On se penche aujourd’hui sur le poste d’entraineur pour la saison à venir du côté du Sporting Clube de Braga. Carvalhal n’a pas souhaité prolonger et Artur Jorge, entraineur de l’équipe B, a été nommé. Choix logique ? On étudie cela dans la première des deux parties consacrées à la constitution du staff et de l’effectif de l’équipe première du club du Minho pour la saison 2022/2023.

Au crépuscule de cette saison 2021/2022, difficile de contredire la maxime prononcée par Carlos Carvalhal ces dernières semaines. Afin de résumer ses deux saisons à la tête de l’équipe principale du Sporting Clube de Braga : « Nous avons vécu deux années fantastiques ». Et avec le recul du moment qu’est la fin de saison, difficile de lui donner tort. Le bilan est bon et va même au-delà des attentes.

Car le Sporting Clube de Braga raisonne en effet toujours selon trois grands piliers immuables depuis plusieurs années maintenant. Et dont leur respect a permis la progression du club sur les deux dernières décennies : la valorisation du jeu impliquant la valorisation du résultat qui entraine enfin la valorisation du joueur. En effet, le 3-4-3 des équipes de Carlos Carvalhal, entre ses expériences à Rio Ave et Braga, est désormais ancrées dans le paysage footballistique portugais. Un jeu qui s’est vu à la fois protagoniste avec ballon et capable au niveau de tous les couloirs verticaux. Entre combinaison en appui et exploration de la profondeur.

Mais un jeu qui est resté ouvert à la partie prenante majeure qu’est l’adversaire. Se voulant être compétent à tous les moments pour être tout aussi prêt à n’avoir pas autant le ballon. Et s’appuyer aussi sur des forces d’un jeu plus direct et vertical en transition lorsque celles-ci étaient nécessaires. Sous son règne, le Sporting Clube de Braga n’a pas manqué de matches références. Tant par le résultat que par les moyens pour l’obtenir.

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Une équipe joueuse et compétitive sur la grande majorité de son mandat qui a donc permis d’atteindre des accomplissements qu’il faut considérer comme majeurs dans l’histoire du club. Une saison 2020/2021 tout d’abord à trois finales (Coupe de la Ligue, Coupe du Portugal et Super Coupe). Ponctuée par le gain de la troisième Coupe du Portugal de l’histoire du club face à Benfica en Mai 2021. Puis une saison 2021/2022, qui après avoir été annoncée comme une année de transition, a vu Braga atteindre finalement les quarts de finale de l’Europa League.

Deux saisons jonchées aussi par sept victoires face aux dénommés « trois grands » clubs portugais. Le passage de Ruben Amorim ayant créé un déclic à ce niveau, le mandat de Carvalhal a permis de consolider désormais ce statut de défi majeur pour ces trois clubs dans la lutte pour les différents trophées nationaux. A domicile comme à l’extérieur. L’ère Carvalhal sera aussi marquée par des matches européens mémorables. Comme lors des réceptions de Leicester, du Sheriff Tiraspol, de l’AS Monaco ou des Glasgow Rangers en Europa League. Les résultats et les émotions générées ont été au rendez-vous. Et cela malgré une régularité qui n’a pas toujours été présente.

A cause notamment de trop nombreuses blessures lors de la première saison. Entre la fracture de la cheville de David Carmo. Ainsi que la rupture des ligaments croisés de Iuri Medeiros et Francisco Moura. Puis lors de la deuxième saison en raison d’un mercato estival moyennement réussi. Le club s’en rendant compte assez rapidement et réussissant à tourner à la mi-saison cette situation en opportunité : celle de consolider définitivement le lien entre le centre de formation et l’équipe première ! Impossible fait néanmoins sans le dévouement de Carlos Carvalhal à cet objectif. Et traduisant d’une certaine manière, à la fois la visions à long terme du club tout comme sa solidité. Sans céder à la tentation du changement d’entraineur en cours de saison, si fréquente au Portugal. Notamment après les éliminations successives dans les coupes nationales en décembre.

Ces performances collectives dans le jeu et dans les résultats a ainsi fait émerger une valorisation naturelle des individualités. Carlos Carvalhal et son staff ayant participé à l’évolution des Paulinho (16 millions € au Sporting), Fransergio (4,5 millions € à Bordeaux), Ricardo Esgaio (5,5 millions € au Sporting) et Wenderson Galeno (9 millions € au FC Porto) qui ont plié bagage durant leur ère. Sans oublier les potentiels départs de Ricardo Horta, Al Musrati ou encore David Carmo cet été. Pour des sommes qui devraient être logiquement encore plus conséquentes. L’entraineur originaire de Braga a ainsi rempli tous les objectifs fixés. Et même un peu plus avec le pari de la formation toujours plus concret. Mais son contrat se terminant en juin, Braga est donc à l’aube d‘un mercato important. A la fois sur le terrain et sur le banc.

Le contexte actuel autour du club étant désormais posé, on cherchera en effet à jouer le rôle du directeur sportif du plus grand club du Minho. Afin de d’explorer quatre noms de techniciens pour la saison à venir et l’effectif qui pourrait convenir aux idées de chacun.


A la fin de l’exercice 2021/2022, on peut considérer que le Sporting Clube de Braga compte dans ses rangs un effectif de 23 joueurs sous contrat.

Tableau n°1. Etat de l'effectif actuel du Sporting Clube de Braga à la fin de la saison 2021/22.
Tableau n°1. Etat de l’effectif actuel du Sporting Clube de Braga à la fin de la saison 2021/22.

A cette liste sont en effet retirés les noms de Yan Couto et Diogo Leite. Prêté respectivement par Manchester City et le FC Porto. Le brésilien ne disposait pas d’option d’achat et après une saison convaincante, devrait retourner dans le circuit des prêts du City Group. Le portugais disposait quant à lui d’une option de 12 millions €. N’ayant pas convaincu (et même dans le cas le contraire), cette option qui ferait de lui le joueur le plus cher de l’histoire du club est naturellement écartée.

 Tableau n°2. Joueurs prêtés qui quittent l'effectif actuel du Sporting Clube de Braga à la fin de la saison 2021/22.
Tableau n°2. Joueurs prêtés qui quittent l’effectif actuel du Sporting Clube de Braga à la fin de la saison 2021/22.

Le Sporting Clube de Braga doit aussi composer avec douze joueurs prêtés. Dont dix qui reviendront au club à partir du 1e juillet 2022. Lucas Piazon et Bruno Viana étant en effet prêtés depuis l’hiver dernier respectivement à Botafogo jusqu’à l’été 2023 et le Wuhan FC jusqu’à décembre 2022.

 Tableau n°3. Etat des retours de prêt à la fin de la saison 2021/22.
Tableau n°3. Etat des retours de prêt à la fin de la saison 2021/22.

De cette liste, plusieurs situations différentes. Premièrement, plus que le prêt, c’est le contrat de Raul Silva qui se termine cet été. Le brésilien s’engagera ainsi définitivement avec Estoril par la suite. Pablo Santos, Caju, Eduardo, Tiago Esgaio et Cristian Borja sont des indésirables. Et à part les deux derniers qui disposent encore d’un contrat longue durée et où la vente est une option, les autres résilieront ou seront prêtés encore une saison en attendant leur fin de contrat en juin 2023. Guilherme Schettine, auteur d’une très belle saison avec le FC Vizela, a retrouvé une belle cote (évalué à 1 million € par Transfermarkt) et constituera une belle opportunité de vente.

Enfin, Mario Gonzalez et João Novais sont les deux joueurs prêtés avec les plus belles cotes et auteurs de deux belles saisons avec respectivement Tenerife et l’Alanyaspor. Malgré les options d’achats, ils restent avec Zé Carlos, les trois seuls joueurs susceptibles de réintégrer l’effectif la saison prochaine.

Figure  n°1. Etat de l'effectif à la sortie de la saison 2021/2022.
Figure 1. Etat de l’effectif à la sortie de la saison 2021/2022.

La revue d’effectif étant maintenant réalisée, nous pouvons désormais exposer nos suppositions sur les potentiels départs qui devront être colmatés. En plus des retours de prêt de Yan Couto et Diogo Leite, nous devons prendre en compte les potentiels intérêts pour les joueurs que sont Ricardo Horta, Al Musrati, David Carmo et Matheus Magalhães :

  • Ricardo Horta : il a atteint cette saison l’apogée de son Football après déjà six ans de bons et loyaux services. Le capitaine et désormais meilleur buteur de l’histoire du Sporting Clube de Braga arrive naturellement à 28 ans, à un moment où si la possibilité de jouer à un autre niveau se présente, le club ne devrait pas lui barrer la route. Tant que celui-ci retrouve ses intérêts. Ce qui avait été le cas la saison dernière après l’offre d’Atlanta United accepté par le club. Mais refusé par le joueur lui-même par la suite. Comme chaque fin de saison ces dernière années, l’étude durant l’été du potentiel successeur de Ricardo Horta est à réaliser. Et cela malgré sa prolongation en octobre dernier jusqu’en 2026.
  • Al Musrati : Conserver le libyen après sa saison dernière était déjà un petit exploit au regard des performances et du profil complet du milieu de terrain de 26 ans. Cependant, il ne devrait pas avoir beaucoup de suspens cet été. Carlos Carvalhal ayant déjà annoncé qu’Al Musrati était de nouveau très convoité. Ne laissant plus trop de place au doute quant à son probable départ. Arrivé libre après son passage chez le rival éternel du Vitoria SC, Braga doit rechercher, comme après le départ de Palhinha, un renfort de poids à son entrejeu.
  • David Carmo : Après sa très grave blessure à la cheville l’ayant éloigné des terrains entre février 2021 et janvier 2022, il était difficile d’imaginer un tel retour et une telle deuxième partie de saison pour le champion d’Europe U19 2018. A tel point que lorsqu’on pouvait supposer qu’une saison complète serait nécessaire pour se remettre totalement, le niveau affiché semblerait déjà attirer les convoitises dès cet été. Notamment depuis la Premier League. Nous obligeant d’ores et déjà à penser à un successeur pour le jeune homme de 23 ans. Surtout depuis sa première convocation avec la Seleção.
  • Matheus Magalhães : Des quatre noms cités, c’est surement celui qui a le plus de chance de rester. Notamment parce qu’il a accepté de prolonger cette saison jusqu’en 2027. Penser le départ de Matheus est plus une conviction personnel qu’une probabilité réelle. N’enlevant rien au parcours brillant du luso-brésilien sous les couleurs rouges et blanches. Etant notamment le joueur le plus titré avec le club (une Coupe de la Ligue et deux Coupes du Portugal) et une figure majeure pour les supporters. Mais il faut aussi porter au sein du club une importance aux potentiels débuts et fins de cycles. Matheus a encore une très belle cote sur le marché mais passer outre pour un gardien avec cet historique peut largement se comprendre. Sauf qu’au sein du club, il y a un jeune homme qui pousse fortement. En la personne du gardien tchèque de 20 ans Lukas Hornicek. Et qui force la réflexion quant à l’avenir de ce poste de gardien de but pour les années à venir.

Ainsi, peu importe les coachs que nous évoquerons, remplacer ces quatre joueurs nécessitera une étude approfondie. Afin de trouver une liste de remplaçants si les départs se confirment. Nous allons donc avant cela, vous présenter les noms d’entraineurs qui selon nous, colle potentiellement au profil recherché pour être le technicien du Sporting Clube de Braga.

Photo n°1. De gauche à droite : Jorge Jesus (2008-2009), Léonardo Jardim (2011-2012), Sergio Conceição (2014-2015), Paulo Fonseca (2015-2016) & Abel Ferreira (2017-2019)
Photo n°1. De gauche à droite : Jorge Jesus (2008-2009), Léonardo Jardim (2011-2012), Sergio Conceição (2014-2015), Paulo Fonseca (2015-2016) & Abel Ferreira (2017-2019)

En effet, il n’est plus à démontrer à quel point Braga peut être un tremplin pour ses techniciens. Offrant un environnement favorable via un contexte de moindre pression. Et un effectif toujours compétitif dans la lutte pour l’Europe et les coupes nationales. Mais cet effectif, par rapport aux dénommés « 3 grands » doit être valorisé par le volet collectif et non individuel. D’avoir ainsi un bon contrôle du ballon. Cherchant à déplacer l’adversaire à certains endroits pour en libérer d’autre et créer des espaces. Collectivement ! Et donc par le jeu ! Pour valoriser le joueur ensuite. Et non l’inverse. L’entraineur du Sporting Clube de Braga doit toujours être sensible à ces aspects évoqués. Et doit en plus aujourd’hui, être aussi complétement en phase avec l’objectif clair d’intégrer les meilleurs éléments de la formation au sein de l’équipe première.

Carlos Carvalhal, 56 ans, entraineur du SC Braga entre 2020 & 2022

Dans la réalité, sa prolongation au Sporting Clube de Braga semblait compliquée. Mais dans notre optique, Carlos Carvalhal reste toujours aujourd’hui le meilleur entraineur que le club du Minho pouvait s’offrir. Et Braga, en vain, lui a bien proposé une prolongation de contrat. Car finalement, seule une grande continuité peut permettre d’atteindre de très grand objectif.

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Carlos Carvalhal continuait en effet de cocher toutes les cases. Et même un peu plus. La valorisation du jeu comme pilier. Sa sensibilité et son travail au niveau du moment d’organisation offensif qui correspond toujours au contexte que rencontre la grande majorité du temps Braga en championnat : affronter des blocs médians voire bas. Des organisations défensives qu’il faut savoir manipuler collectivement, par la création puis exploitation des espaces. Les circuits devant être en effet très portés sur les interactions collectives. Car Braga n’a pas forcément les moyens d’avoir les individualités capables de faire seuls certaines différences. Et de faciliter ainsi grandement certains matchs. Son Rio Ave et son Braga rentrant parfaitement dans cette optique qu’est cette capacité à exploiter tous les couloirs de manière compétente. Dont le difficile couloir central.

Photo n°2. Carlos Carvalhal, entraineur du Sporting Clube de Braga entre 2020 et 2022.
Photo n°2. Carlos Carvalhal, entraineur du Sporting Clube de Braga entre 2020 et 2022.

Ensuite, les profils actuels de l’effectif correspondaient à son jeu avant son arrivée. Et correspondent forcément toujours en 2022 à l’organisation qu’il recherche avec et sans ballon. Depuis le passage d’Abel Ferreira, ce n’est pas seulement l’équipe première mais bien tout le club qui est sensible :

  • A l’organisation en 3-4-3 avec ballon. Système ayant déjà fait ses preuves dans l’occupation de l’espace, notamment à l’intérieur, plus rationnelle. 
Figure  n°2. Organisation avec ballon du SC Braga sous Carlos Carvalhal en 3-4-3.
Figure 2. Organisation avec ballon du SC Braga sous Carlos Carvalhal en 3-4-3.
  • A l’utilisation d’un gardien proactif dans le jeu. Capable de s’intercaler entre les centraux pour former une ligne de 4 et construire sous pression ; de jouer plus long et chercher certaines zones pour trouver un appui et sortir du pressing de manière plus directe ; de se positionner intelligemment afin de participer au contrôle de la profondeur.
Gif n°1. Participation au jeu au moment de la construction.
Gif n°1. Participation au jeu au moment de la construction.
 Gif n°2. Contrôle de la profondeur de la part du gardien.
Gif n°2. Contrôle de la profondeur de la part du gardien.
  Gif n°3. Enclenchement des mouvements en transition depuis sa surface.
Gif n°3. Enclenchement des mouvements en transition depuis sa surface.

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  • A la construction à 3 légèrement asymétrique. Car souvent composée par 2 défenseurs centraux de formation et un latéral jouant ce rôle hybride. En fonction du moment défensif ou offensif.
  • A l’amplitude maximale apportée par les pistons à tous les moments. Afin d’étirer les lignes défensives adverses ; attaquer agressivement la profondeur extérieure ; et être déjà préalablement positionné en cas de renversement à l’opposé.
Figure  n°3. Positionnement hybride de Sequeira : central gauche dans une ligne 5 et latéral gauche dans une ligne de 4.
Figure 3. Positionnement hybride de Sequeira : central gauche dans une ligne 5 et latéral gauche dans une ligne de 4.
Figure  n°4. Avec ballon, positionnement de central extérieur très excentré voire de latéral gauche classique.
Figure 4. Avec ballon, positionnement de central extérieur très excentré voire de latéral gauche classique.
Figure  n°5. Avec ballon, positionnement de central extérieur très excentré voire de latéral gauche classique. Mise en évidence aussi de l'amplitude maximale offerte par les pistons.
Figure 5. Avec ballon, positionnement de central extérieur très excentré voire de latéral gauche classique. Mise en évidence aussi de l’amplitude maximale offerte par les pistons.
  • Au milieu à 2 avec un joueur plus fixe (Al Musrati) et un autre plus mobile (André Horta ou André Castro). Décrochant parfois sur la largeur. Ou parfois plus haut entre les lignes pour apporter supériorité positionnelle et numérique dans ces zones.
Figure  n°6. Un des milieux plus fixe derrière la première ligne de pression adverse et un autre plus mobile. Capable de décrocher pour créer le surnombre et profiter de la fixation du piston plus haut.
Figure 6. Un des milieux est plus fixe derrière la première ligne de pression adverse et un autre plus mobile. Capable de décrocher pour créer le surnombre et profiter de la fixation du piston plus haut.
Figure  n°7. Un des milieux plus fixe derrière la première ligne de pression adverse et un autre plus mobile. Capable de de se projeter et d'apporter le surnombre plus haut sur le terrain par des appels et dépassements de fonction de plus loin.
Figure 7. Un des milieux est plus fixe derrière la première ligne de pression adverse et un autre plus mobile. Capable de de se projeter et d’apporter le surnombre plus haut sur le terrain par des appels et dépassements de fonction de plus loin.
  • A la densité dans le couloir central. Via les 3 offensifs occupant ce couloir : 2 intérieurs, pouvant être des ailiers de formation ou des milieux offensifs. Compétents au niveau des espaces réduits entre les lignes et agressifs dans l’attaque de la ligne défensive adverse. Et un avant-centre capable dans le jeu dos au but. Servant de soutien pour jouer ensuite en remise avec ses intérieurs face au jeu.
  • A l’attaque de la profondeur qui est liée à la capacité de ces 3 joueurs offensifs à réaliser des appels. Pour recevoir dans la course ou créer des espaces entre les lignes. Ce dernier aspect tout aussi (voire plus) important.
  • A la variété des organisations défensives. Capable dans le cadre du modèle de jeu de Carlos Carvalhal de s’organiser en 5-4-1, 5-3-2, 5-2-3 et 4-4-2. De manière simple, organisée et fluide. Via notamment le profil du piston gauche généralement assimilé à celui d’un ailier (Wenderson Galeno puis Rodrigo Gomes). Permettant cette hybridation entre les ligne défensives de 4 ou de 5.
Figure  n°8. Capacité à évoluer en 5-2-3 défensif.
Figure 8. Capacité à évoluer en 5-2-3 défensif.
Figure  n°9. Capacité à évoluer en 5-3-2 défensif.
Figure 9. Capacité à évoluer en 5-3-2 défensif.
Figure  n°10. Capacité à évoluer en 5-4-1 défensif.
Figure 10. Capacité à évoluer en 5-4-1 défensif.

Carlos Carvalhal a tout au long de son mandat avec Braga, démontré aussi ses qualités de stratège. Dans la préparation des grands matches face à des opposants aux individualités et modèle de jeu plus riches que celui de son équipe. Des matches qui nécessitent des plans de jeu spécifiques. Où il faut parfois abdiquer légèrement de son identité pour mettre l’adversaire dans l’inconfort. Carlos Carvalhal a su régulièrement préparer positivement son équipe à ce genre de rencontre.

Les résultats à l’échelle nationale sont de 4 victoires face à Benfica ; une victoire face au Sporting ; une victoire et deux matches nuls face à Porto. Dont la demi-finale retour mémorable de Coupe du Portugal la saison dernière. Et à l’échelle européenne, le match nul face à Leicester 3-3 au Municipal ; le match retour face au Sheriff pour renverser la défaite 2-0 de l’aller ; ou la double confrontation face à l’AS Monaco rentrant aussi dans ce bon bilan.

La valorisation du jeu de la part de Carlos Carvalhal s’est donc par conséquent répercutée, comme on l’a vu dans le bilan, sur la valorisation du résultat (par un titre, des finales et un très bon parcours européen) et de ses joueurs (par les différentes ventes qui ont jonché son mandat à Braga). Son lien avec le club, sa capacité dans la communication et le travail réalisé pour que le lien entre équipe première et formation soit de plus en plus formel, comme autres grands arguments quant à la volonté de continuité de Carlos Carvalhal dans le Minho.

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Ces deux dernières saisons sont donc une grande réussite. Et maintenant que le club et Carvalhal viennent de se séparer, les deux partis sortent malgré tout valorisés de leur collaboration. Mais l’ambition d’un grand club et d’atteindre toujours de plus grands objectifs. Celui du Sporting Clube de Braga c’est d’être un jour champion du Portugal. Les probabilités d’atteindre un jour ce type de consécration augmentent si les personnalités très compétentes ont le temps et la continuité nécessaire pour travailler dans ce sens.   

 Figure  n°11. Projection Effectif 2022/23 : Carlos Carvalhal.
Figure 11. Projection Effectif 2022/23 : Carlos Carvalhal.

Ainsi, les spécificités de cette projection en fonction de l’entraineur qu’est Carlos Carvalhal par rapport à la projection globale des départs réalisée plus haut sont :

  • Un Fabiano Souza considéré comme défenseur central droit : un poste où il a largement mieux performé qu’à celui de piston. Plus à l’aise face au jeu lorsqu’il est mis sous pression que plus haut dans son couloir. Il peut ainsi dans cette défense à 3, utiliser sa capacité de progression balle au pied intense et parfois explorer les espaces à l’intérieur pour créer le décalage. Défensivement, sa tonicité sur son accélération lui permet d’intervenir très rapidement entre les lignes. Afin de maintenir son adversaires direct dos au but.  Le départ de Yan Couto sera compensé par le retour de prêt de Zé Carlos. On proposera par la suite et on justifiera le choix de promouvoir ainsi depuis l’équipe B Dinis Pinto. Afin de compenser le repositionnement de Fabiano Souza.
  • Eduardo Soares « Schurrle » et Alvaro Djalo pour remplacer Roger Fernandes et Miguel Falé : cette saison du côté de Braga a vu les premiers pas de Roger Fernandes à 15 ans et de Miguel Falé à 17 ans sous les couleurs de l’équipe première. Des débuts précoces. Voire très précoces dans le cas de Roger. Falé et Roger sont en effet deux des meilleurs talents du centre de formation. Mais n’ont cependant pas eu une réelle continuité dans l’enchainement des matches cette saison. Ainsi, les voir intégrer continuellement l’équipe B la saison prochaine dans la très compétitive Liga 3 semble être à l’avantage de leur progression. Pour compenser, nous proposons la promotion de deux profils qui ont eu le temps d’évoluer en équipe B : d’Eduardo Soares « Schurrle » (21 ans, 65 matches avec le SC Braga B) et Alvaro Djalo (22 ans, 47 matches avec le SC Braga B). Estimant qu’ils apporteront une certaine diversité via leur profil à ce poste. Et continuant sur cette logique de promotion interne aux positions plus en lien avec la rotation.

Renato Paiva, 52 ans, actuel entraineur de l’Independiente del Valle

Ce ne serait pas la première fois que le nom de Renato Paiva pourrait être associé à Braga. A l’été 2019, alors qu’il venait de remplacer depuis quelques mois Bruno Lage à la tête de l’équipe B de Benfica, le nom du natif de Setubal avait été mentionné avec insistance pour remplacer Abel Ferreira parti au PAOK. Trois ans après et un titre de champion d’Equateur avec le fascinant club de l’Independiente del Valle, Renato Paiva était un des profils des plus intéressants pour pallier le potentiel départ de Carlos Carvalhal.

Tout d’abord, en termes à la fois de conception du jeu et de matrice. A ce niveau, l’entraineur de 52 ans est sans doute celui qui se rapproche le plus de Carvalhal. Son idée, c’est encore le principal intéressé qui l’exprime le mieux (2022) dans sa « volonté d’avoir une équipe qui attaque ensemble ! […] Le premier grand argument étant d’accumuler les lignes de passe de diverses formes et hauteurs. Pour qu’on puisse jouer selon des mouvements en appui ; attirer l’adversaire où on le souhaite et ainsi progresser dans le terrain. Le deuxième grand argument est précisément à la perte du ballon. L’équipe doit ainsi continuer à être compacte. Nous permettant de réaliser une transition défensive avec beaucoup d’éléments. Tentant de retirer très rapidement temps et espace à l’adversaire ».

Photo n°3. Renato Paiva, entraineur de l' Independiente del Valle depuis 2021.
Photo n°3. Renato Paiva, entraineur de l’ Independiente del Valle depuis 2021.

Quinze ans au sein de la formation de Benfica et désormais entraineur chez un chronique candidat au titre équatorien, Renato Paiva sait ce qu’est être le favori. Et être ainsi l’équipe dominante quelle doit assumer être. Tant avec … que sans ballon. En effet, l’intérêt que porte Renato Paiva pour la ligne défensive dans ce contexte d’équipe haute et dominante dans son championnat est très intéressant à suivre. Un aspect aussi à mettre en évidence. Afin de justifier le choix d’un certain type de profil d’entraineur.

Comme Carvalhal, Renato Paiva se classe dans la catégorie des entraineurs qui veulent gagner … selon sur une certaine idée qu’ils se font du jeu. Via plusieurs volontés. De maitrise du ballon tout d’abord et de la création d’une multitude de lignes de passe pour le porteur ; valoriser tous les couloirs verticaux, par des combinaisons dans l’axe via du jeu constant en appui et de l’attaque de la profondeur sur la largeur ; ainsi que des projections en nombre et équilibrées dans l’espace pour attaquer la surface adverse.

Figure  n°12. Renato Paiva a modifié son système en cours de saison pour revenir à une organisation qu'il avait déjà utilisé avec le Benfica B qui est le 3-4-3 : on observe un milieu plus fixe et l'autre plus mobile ; une concentration de joueurs dans l'axe et une amplitude apportée par des pistons très agressifs par leurs projections avec et sans ballon. Notamment au niveau de la profondeur extérieure.
Figure 12. Renato Paiva a modifié son système en cours de saison pour revenir à une organisation qu’il avait déjà utilisé avec le Benfica B qui est le 3-4-3 : on observe un milieu plus fixe et l’autre plus mobile ; une concentration de joueurs dans l’axe et une amplitude apportée par des pistons très agressifs par leurs projections avec et sans ballon. Notamment au niveau de la profondeur extérieure.
Figure  n°13.a) Volonté de maitriser le rythme du match avec le ballon, de progresser espace après espace puis d'attaquer incessamment la profondeur. Exemple classique ici avec le décrochage des intérieurs qui attirent et du piston qui réalise le mouvement complémentaire par cet appel.
Figure 13.a) Volonté de maitriser le rythme du match avec le ballon, de progresser espace après espace puis d’attaquer incessamment la profondeur. Exemple classique ici avec le décrochage des intérieurs qui attirent et du piston qui réalise le mouvement complémentaire par cet appel.
Figure  n°13.b) Attaque de cette profondeur extérieure via ces dynamiques de 3e homme.
Figure 13.b) Attaque de cette profondeur extérieure via ces dynamiques de 3e homme.
Figure  n°14. De nouveau cette attaque de la profondeur, en étirant la ligne défensive par cette amplitude maximale apportée par les pistons (Luis Segovia et Jhoanner Chavez ont permuté ici) et en attaquant l’espace entre le central et le latéral ensuite.
Figure 14. De nouveau cette attaque de la profondeur, en étirant la ligne défensive par cette amplitude maximale apportée par les pistons (Luis Segovia et Jhoanner Chavez ont permuté ici) et en attaquant l’espace entre le central et le latéral ensuite.
Figure  n°15. Maitrise de ce concept de 3e homme pour exploiter l'espace entre les lignes et de 4e homme qui attaque la profondeur. Même de très loin comme via cet appel intérieur du piston à l'opposé (Jhoanner Chavez).
Figure 15. Maitrise de ce concept de 3e homme pour exploiter l’espace entre les lignes et de 4e homme qui attaque la profondeur. Même de très loin comme via cet appel intérieur du piston à l’opposé (Jhoanner Chavez).

Et ce jeu offensif si protagoniste, ambitieux et qui veut s’ancrer profondément dans le camp adverse, ne peut se défaire de la confiance que doit avoir l’équipe dans la gestion des moments sans ballon et de perte de balle.

Le premier point à mettre en évidence est surement celui de la prévention de la transition défensive. Les anglais et les allemands ayant même chacun un terme précis qu’est celui de « Rest Defense » et « Restfeldsicherung » pour définir ce concept. Prévenir pour rester haut et continuer à oppresser l’adversaire dans son camp. Plutôt que guérir via des courses intenses et épuisantes vers l’arrière pour tenter de maitriser les contres. Un aspect du jeu qui permet à Renato Paiva de mettre en lumière qu’il y a un mixte dans sa manière de défendre. Entre contrôle de l’espace via un marquage de zone. Mais aussi à de très nombreux moments, un contrôle de l’homme via de la référence individuelle.

Ensuite, l’organisation à succès du côté de l’Amérique du Sud pour Renato Paiva est donc, comme Carvalhal, le 3-4-3. Et comme Carvalhal, l’entrejeu est toujours composé d’un milieu défensif plus fixe et d’un autre milieu bien plus mobile. Lui permettant d’équilibrer constamment avec 4 joueurs : les 3 défenseurs centraux et un des milieux. Ces quatre joueurs ayant souvent la tâche, alors que leur équipe a le ballon, d’adapter leur positionnement par rapport aux joueurs offensifs adverses susceptibles de faire cette liaison en transition. Ne devant rien leur laisser en termes de temps pour possiblement se retourner et être face au jeu.

Figure  n°16. Exemple de prévention de la transition défensive via ce positionnement d’un des centraux (Diogo Leite) et du milieu défensif (Al Musrati) du côté du SC Braga de Carlos Carvalhal.
Figure 16. Exemple de prévention de la transition défensive via ce positionnement d’un des centraux (Diogo Leite) et du milieu défensif (Al Musrati) du côté du SC Braga de Carlos Carvalhal.
Figure n°17. Mise en évidence du 3+1 pour équilibrer et de la prévention défensive par les défenseurs centraux face aux menaces en transition adverse alors que leur équipe a le ballon et va même marquer.
Figure 17. Mise en évidence du 3+1 pour équilibrer et de la prévention défensive par les défenseurs centraux face aux menaces en transition adverse alors que leur équipe a le ballon et va même marquer.

La transition défensive, comme l’un des quelques facteurs importants entre une saison plus ou moins régulière en championnat pour Braga. Afin d’éviter un trop grand nombre de situations où la ligne défensive doit gérer entre 40 et 50 mètres dans son dos.

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Car en effet, l’autre grande défi de ces idées de jeu dans les moments défensifs, c’est ce concept de contrôle de la profondeur. « Nous ne jouons pas le hors-jeu, nous jouons avec une ligne défensive organisée en relation avec le contrôle de la profondeur. » nous indique Renato Paiva (2022).

La ligne défensive devant ainsi être toujours prête à retirer la profondeur sur un ballon découvert. Entre anticipation, concentration et orientation de profil de chaque élément de cette ligne. Afin de priver efficacement l’adversaire d’exploiter cet espace dans notre dos. L’apport du gardien par son positionnement et sa réaction pour aider à retirer cette profondeur tel un aspect complémentaire mais majeur que porte aussi l’actuel entraineur de l’Independiente del Valle.

Figure n°18. Ballon découvert - la ligne défensive anticipe et se prépare à retirer la profondeur face aux menaces adverses. Des joueurs qui compose cette ligne sont orientés de profil pour reculer plus facilement si le ballon arrive effectivement dans cette zone et sinon, permet de revenir rapidement dans l’alignement défensif.
Figure 18. Ballon découvert – la ligne défensive anticipe et se prépare à retirer la profondeur face aux menaces adverses. Des joueurs qui compose cette ligne sont orientés de profil pour reculer plus facilement si le ballon arrive effectivement dans cette zone et sinon, permet de revenir rapidement dans l’alignement défensif.

Enfin, la force d’un tel jeu sans ballon se fait aussi dans la coordination de cette ligne défensive. Comme Carlos Carvalhal, le parti de la ligne défensive haute mais de 5 éléments est aussi assumé par Renato Paiva. « Aligner 5 joueurs est forcément plus difficile que d’en aligner 4. Mais d’un autre côté, l’amplitude que cette ligne de 5 va occuper sur la largeur est bien meilleure. Par exemple, si le latéral cadre sur la largeur, il me restera 3 centraux et le latéral à l’opposé. S’il faut couvrir l’espace entre le central et le latéral, le défenseur central côté ballon couvre facilement. Et il me restera 2 centraux et le latéral à l’opposé pour couvrir. Et en ne demandant pas une modification des couvertures des milieux de terrain devant la ligne défensive ».

Le nombre ne faisant néanmoins pas la qualité de cette ligne bien évidemment. Et le travail de coordination de ce micro système au sein de toute notre organisation comme défi important : « La translation de la ligne défensive à l’horizontale est très importante pour nous. La ligne défensive doit se déplacer en maintenant strictement les espaces entre chaque élément qui la compose. Pour chaque ballon sur la largeur et lorsque de latéral sort au cadrage, avec une ligne de 5, la référence pour le reste de la ligne défensive devient le central côté ballon. Qui définit l’organisation et surtout la hauteur de celle-ci. Notamment dans le contrôle de la profondeur et des centres ».

Figure n°19. Ballon sur la largeur - le piston sort au cadrage. Mise en évidence de la coordination de la ligne défensive qui s'aligne désormais sur le central côté ballon.
Figure 19. Ballon sur la largeur – le piston sort au cadrage. Mise en évidence de la coordination de la ligne défensive qui s’aligne désormais sur le central côté ballon.

« C’est un type de travail défensif qui a généré beaucoup de doutes à mes défenseurs, notamment les plus lents. Ce fut une guerre totale et absolue à ce niveau. […] Les centraux rapides, gaucher et bon à la relance, ils coutent 30 millions aujourd’hui. Et donc nous aurons des centraux lents. Et même des centraux lents qui n’ont pas du tout confiance en cette manière de défendre si haute. Via l’entrainement, il faut petit à petit les persuader qu’il y a plus de bénéfices que de risques ». Convaincre ainsi ses joueurs que pour notre jeu offensif, seules ces idées défensives fonctionnent. Même si à Braga, cette conviction est déjà bien présente. Le défi est surtout, sans avoir toujours ces centraux très rapides, d’être capable de réaliser ces concepts défensifs très efficacement. Afin de ne pas frustrer le processus offensif et que les idées avec ballon soient véritablement concrètes et efficaces.

Enfin, la grande différence entre Carlos Carvalhal et Renato Paiva réside surement dans le vécu au niveau senior. Depuis 3 ans et le moment où il a pris en charge l’équipe B de Benfica en deuxième division portugaise jusqu’à cette aventure sudaméricaine en Equateur, Renato Paiva accumule enfin cette expérience. Qui reste néanmoins difficile à comparer avec celle de Carlos Carvalhal vieille de plus de 20 ans à ce niveau. Et surtout très diversifiée pour ce dernier : entre le Portugal, la Turquie et l’Angleterre. Cette dernière expérience avant son retour en 2019 au Portugal entre le Championship et la Premier League. Un vécu qui s’est ressenti dans la préparation stratégique des matches de haut niveau de son Sporting Braga ces deux dernières saisons.

Figure n°20. Projection Effectif 2022/23 : Renato Paiva.
Figure 20. Projection Effectif 2022/23 : Renato Paiva.

Ainsi, les spécificités de cette projection en fonction de l’entraineur qu’est Renato Paiva par rapport à la projection globale des départs réalisée plus haut sont :

  • Conservation de Leonardo Buta et repositionnement à une position à droite plus familière pour Rodrigo Gomes : En effet, on peut estimer que la seule grande nuance sera dans les profils des pistons. Lorsque que Carlos Carvalhal préfère avoir à gauche, un profil d’ailier capable de provoquer et éliminer balle au pied tout en pouvant tenir entièrement ce couloir (cf. Nuno Santos à Rio Ave, Galeno et Rodrigo Gomes à Braga), Renato Paiva pourrait privilégier un profil de piston plus classique. Capable d’être très agressif dans la profondeur et d’être plus focalisé sur le centre. Type Jhoanner Chavez et José Hurtado lors de sa première saison en Equateur. Francisco Moura rentre parfaitement dans cette optique et comme concurrence, nous pouvons penser naturellement à Léonardo Buta. Une saison qui s’achève jonchée par une blessure en pré saison très dommageable pour ce dernier. Un évènement qui s’est fait ressentir sur ses performances lors de son retour en équipe B et lors de ses débuts en équipe première. Dans les autres cas d’entraineur, on privilégierait un prêt pour l’international U20 portugais. Mais le profil collant tellement bien avec la matrice de jeu de Renato Paiva avec l’Indenpendiente del Valle, une conservation au sein du club est recommandée. Quitte à faire encore quelques allers-retours avec l’équipe B.

Ricardo Soares, 47 ans, actuel entraineur du Gil Vicente FC

La saison 2021/22 du Gil Vicente de Ricardo Soares restera très haute dans le classement des meilleures saisons d’une équipe hors top 4 au Portugal ces dernières années. Ecrasant tous les records historiques du club de Barcelos en première division. Et faisant surtout jouer le Gil Vicente telle une grande équipe du championnat. Des victoires à Braga et à Benfica ainsi qu’un match nul héroïque au Dragão après le carton rouge de Vitor Carvalho au bout de 3 minutes de jeu comme témoignage d’un entraineur qui est désormais vu autrement.

L’entraineur portugais, en plus de mériter une telle opportunité que d’entrainer le Sporting Clube de Braga, a un profil complet qui le rend attractif pour de nombreux clubs. Et de nombreux aspects et qualités de son Gil Vicente 2021/22 sont désormais parfaitement transposables au contexte du Sporting Braga. Focus tout d’abord sur le moment d’organisation offensive. Qui on le répète, est celui que rencontre la majorité du temps Braga en championnat. Et dont la plus ou moins haute compétence définie souvent le sort d’un championnat plus ou moins réussi pour le club du Minho.

Photo  n°4. Ricardo Soares, entraineur du Gil Vicente FC depuis 2020.
Photo 4. Ricardo Soares, entraineur du Gil Vicente FC depuis 2020.

Des moments avec ballon qui impliquent d’autres compétences comme une réaction à la perte pensée au préalable et intense. Et la faculté à jouer avec une ligne défensive et un bloc haut. L’équipe de Ricardo Soares passant cette saison beaucoup plus de temps à défendre dans le camp adverse que dans le sien comme on va le voir par la suite. Symbole d’une idée qui se rapproche de celles pratiquée en haut de tableau du championnat portugais.

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L’un des autres points communs avec Carlos Carvalhal, est la préparation stratégique des grands matches. Déjà avec des effectifs moins qualitatifs, Ricardo Soares impressionnait déjà. Via certes des plans de jeu plus rigides. Basés sur des blocs médian/bas des plus solides vu ces dernières années au Portugal. Mais cette saison, l’évolution de son Gil Vicente dans le jeu était aussi palpable dans les rencontres de plus grandes difficultés évoquées plus haut. Le Gil Vicente a toujours eu moins le ballon que ses adversaires. Et a donc aussi passé du temps à défendre. Mais a su aussi lors de ces confrontations, sortir en transition encore plus facilement, plus fréquemment et avec encore plus d’unités qui se projettent.

Une évolution qui s’est aussi ressentie dans la maitrise du ballon lors de ces matches. Capable de varier entre un jeu plus direct et des relances plus courtes. Ayant le courage de vouloir attirer le pressing de ces équipes. Afin de profiter des espaces générés naturellement dans le dos de leur ligne défensive. Les deux déplacements et victoires de ces deux dernières saisons dans l’antre de Benfica comme témoignage de plans de jeu régulièrement très bien préparés. Respectant néanmoins les principes de jeu observés tout au long de chacune de ces saisons.

La grande différence avec Carvalhal est la matrice utilisée ces dernières saisons au sein du club (pas seulement en équipe A mais aussi au niveau de la formation) par rapport à l’entraineur originaire de Felgueiras. Il y a en effet beaucoup de similitudes dans les idées. Mais les moyens pour les faire vivre sont néanmoins différents. Ainsi, plusieurs principes et concepts caractérisent ainsi ses équipes depuis son retour dans l’élite en 2019 :

  • Le Gil Vicente de Ricardo Soares s’organise dans les moments avec ballon dans un 4-3-3. Qui peut même être assimilé à un 4-1-5 via la position régulièrement très haute des relayeurs dans les demi-espaces.
Figure  n°21. Organisation avec ballon du Gil en 4-3-3/4-1-5 : ligne de 4 à plat pour construire à partir des latéraux ; les milieux relayeurs sont très haut entre les lignes adverses soutenant l'avant-centre et couvert par le milieu défensif ; l'amplitude maximale du bloc est offerte par les ailiers.
Figure 21. Organisation avec ballon du Gil en 4-3-3/4-1-5 : ligne défensive de 4 à plat pour construire à partir des latéraux ; les milieux relayeurs sont très haut entre les lignes adverses, soutenant l’avant-centre et étant couvert par le milieu défensif ; l’amplitude maximale du bloc est offerte par les ailiers.
  • L’équipe de Ricardo Soares assume de construire avec une ligne de 4 à plat. Et donc via des latéraux au niveau de leurs défenseurs centraux. Ayant la responsabilité d’enclencher la majorité des mouvements offensifs depuis la largeur. Celui côté ballon enclenche et participe à ces mouvements rotationnels pour déséquilibrer l’adversaire. Celui à l’opposé équilibre avec les centraux et le milieu défensif.
  • Le Gil Vicente valorise ainsi très fortement le triangle latéral/ailier/relayeur. Avec en effet des ailiers apportant constamment cette largeur. Partant des couloirs pour repiquer à l’intérieur ou pour déborder continuellement long de ligne. Les mouvements rotationnels de ces trois joueurs sont constants pour déséquilibrer collectivement l’adversaire et créer le décalage.  
Figure  n°22. Les mouvements en organisation du Gil Vicente commencent en effet quasi exclusivement par la largeur et par les latéraux. Soutenu par l’ailier et le relayeur côté ballon afin de combiner, se déplacer de manière rotationnelle et créer le décalage pour revenir à l’intérieur ou trouver l’espace à l’opposé.
Figure 22. Les mouvements en organisation du Gil Vicente commencent en effet quasi exclusivement par la largeur et par les latéraux. Soutenu par l’ailier et le relayeur côté ballon afin de combiner, se déplacer de manière rotationnelle et créer le décalage pour revenir à l’intérieur ou trouver l’espace à l’opposé.
  • Le milieu défensif dans les équipes de Ricardo Soares (Fabio Pacheco à Moreirense, Vitor Carvalho à Gil Vicente) a pour rôle majeur d’équilibrer son bloc. Et de couvrir ainsi le positionnement des relayeurs positionnés en moyenne très haut, entre les lignes adverses et au niveau des demi-espaces.
Figure  n°23. Mouvement rotationnel constant et positionnement régulier du relayeur dans le demi-espace pour attaquer possiblement le couloir central. Un trio latéral/ailier/relayeur couvert par le milieu défensif proche pour réagir à la perte.
Figure 23. Mouvement rotationnel constant et positionnement régulier du relayeur dans le demi-espace pour attaquer possiblement le couloir central. Un trio latéral/ailier/relayeur couvert par le milieu défensif proche pour réagir à la perte.
  • Un principe qui régit tous les moments offensifs du Gil Vicente, est la quête de la profondeur et en nombre ! A titre d’exemple, si le ballon se trouve du côté droit, il est plus que fréquent de voir l’avant-centre, le relayeur et l’ailier à l’opposé partir dans la profondeur. Cherchant à agresser constamment la ligne défensive adverse. Afin de recevoir dans leur dos ou créer de l’espace à l’intérieur.
Figure  n°24. Ballon entre les lignes et décalage réalisé : indicateur pour attaquer la profondeur, créant ici de l'espace pour la frappe du relayeur.
Figure 24. Ballon entre les lignes et décalage réalisé : indicateur pour attaquer la profondeur, créant ici de l’espace pour la frappe du relayeur.
Figure  n°25. Décalage réalisé, l'ailier est au niveau du couloir central : indicateur pour attaquer la profondeur. Fujimoto sera servi et conclura cette action.
Figure 25. Décalage réalisé, l’ailier est au niveau du couloir central : indicateur pour attaquer la profondeur. Fujimoto sera servi et conclura cette action.
  • Un avant-centre très fort dos au jeu via le jeu long ou via des remises symbolisant bien l’obsession de Ricardo Soares dans la recherche de l’appui-soutien, du 3e homme face au jeu puis du 4e homme dans la profondeur. Des mouvements très utiles et bien réalisés de la part de ses équipes. Utilisés sans modération lorsque l’adversaire presse ou lors d’un moment de transition offensive pour sortir de la zone de pression. Avec cette quête de la profondeur toujours très palpable.
Figure  n°26. Dans les moments sous pression, que cela soit face au pressing adverse ou lors des quelques instants après la récupération du ballon pour repartir en transition : dynamique du 3e homme trouvé face au jeu et du 4e homme qui attaque simultanément la profondeur. Moment de pressing adverse ici.
Figure 26. Dans les moments sous pression, que cela soit face au pressing adverse ou lors des quelques instants après la récupération du ballon pour repartir en transition : dynamique du 3e homme trouvé face au jeu et du 4e homme qui attaque simultanément la profondeur. Moment de pressing adverse ici.
Figure  n°27. Dans les moments sous pression, que cela soit face au pressing adverse ou lors des quelques instants après la récupération du ballon pour repartir en transition : dynamique du 3e homme trouvé face au jeu et du 4e homme qui attaque simultanément la profondeur. Moment de transition offensive ici.
Figure 27. Dans les moments sous pression, que cela soit face au pressing adverse ou lors des quelques instants après la récupération du ballon pour repartir en transition : dynamique du 3e homme trouvé face au jeu et du 4e homme qui attaque simultanément la profondeur. Moment de transition offensive ici.
  • Sans ballon, le Gil Vicente de Ricardo Soares s’organise cependant la grande majorité du temps en 4-4-2. Le relayeur gauche (Pedrinho généralement) et les ailiers rejoignant la sentinelle pour former la ligne de 4 au milieu. Le relayeur droit (Fujimoto) se plaçant quant à lui aux côtés de l’avant-centre plus haut.
Figure  n°28. 4-4-2 en phase défensive : travail important des 2 hommes de devant pour conditionner le couloir central et attirer sur la largeur. Bloc haut et translation du bloc côté ballon pour enfermer l'adversaire, couper sa progression et récupérer potentiellement haut.
Figure 28. 4-4-2 en phase défensive : travail important des 2 hommes de devant pour conditionner le couloir central et attirer sur la largeur. Bloc haut et translation du bloc côté ballon pour enfermer l’adversaire, couper sa progression et récupérer potentiellement haut.
  • Une équipe du Gil Vicente qui cette saison, s’est fortement distinguée dans sa proactivité défensive. Telle une grande équipe cherchant à maintenir un bloc haut et à presser les moments de construction adverse.
 Figure n°29. On remarque via cette infographie réalisée par Statsbomb que le Gil Vicente défend bien plus souvent dans le camp adverse que dans sa propre moitié de terrain par rapport à la moyenne du championnat. De manière similaire aux top équipes de la Primeira Liga.
Figure n°29. On remarque via cette infographie réalisée par Statsbomb que le Gil Vicente défend bien plus souvent dans le camp adverse que dans sa propre moitié de terrain par rapport à la moyenne du championnat. De manière similaire aux top équipes de la Primeira Liga.

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Le Gil Vicente version 2021/2022 est de loin l’équipe de Ricardo Soares la plus attractive au niveau du jeu. Mais ses précédentes saisons depuis son retour dans l’élite étaient néanmoins très cohérentes. Preuve de cela, les résultats (8e place avec Moreirense, 11e place et un maintien rapide la première saison à Gil Vicente, 5e place historique lors de la 2e saison avec le club de Barcelos) et les joueurs valorisés. A l’image des contrats obtenus par la suite par des joueurs tels que Fabio Abreu (AlBatin, Arabie Saoudite), Abdu Conte (Troyes, France), Filipe Soares (PAOK, Grèce), Joel Pereira (Lech Poznan, Pologne) ou encore Lucas Mineiro (SC Braga, Portugal).  

Valorisation du jeu, valorisation du résultat et valorisation du joueur tels les trois piliers primordiaux dans l’évolution récente du Sporting Clube de Braga. Des principes que Ricardo Soares a su respecter à une plus petite échelle. A l’image de Leonardo Jardim en 2011, Sergio Conceição en 2014, Paulo Fonseca en 2015 ou encore Carlos Carvalhal en 2020, donner une opportunité au meilleur entraineur hors top 4 la saison suivante est presque culturel sous les différents mandats d’Antonio Salvador. Et souvent synonyme de succès.

Figure  n°30. Projection Effectif 2022/23 : Ricardo Soares.
Figure n°30. Projection Effectif 2022/23 : Ricardo Soares.

Ainsi, les spécificités de cette projection en fonction de l’entraineur qu’est Ricardo Soares par rapport à la projection globale des départs réalisée plus haut sont :

  • Recrutement d’un relayeur supplémentaire : en effet, recruter Ricardo Soares, c’est recruter comme on l’a vu, un entraineur à la matrice de jeu différente de ce qui est exercé à Braga ces dernières saisons. Notamment dans l’agencement d’un milieu à 3 venant à l’encontre du milieu à 2 utilisé en équipe première et dans les différentes équipes de formation depuis tellement de saisons maintenant. Il manque ainsi dans cet effectif un joueur pour compléter Eduardo Schurrle à ce poste occupé à merveille par Fujimoto à Gil Vicente. Et être dans ce milieu à 3, le joueur le plus sensible au dernier tiers. Capable de faire différence entre les lignes, dans les espaces réduits et d’être le joueur le plus proche de l’avant-centre afin de combiner. Capable aussi d’attaquer la profondeur régulièrement dans le bon timing pour recevoir ou ouvrir des espaces à l’intérieur. Ce recrutement nécessitera une recherche tout aussi approfondie que pour les potentiels remplaçants de Ricardo Horta, David Carmo et Al Musrati.
  • Alvaro Djalo et Rodrigo Gomes comme concurrence sur les ailes : La matrice de jeu de Ricardo Soares oblige aussi de revoir la concurrence au poste d’ailier. A droite, Rodrigo Gomes retrouverait une position d’ailier droit où il est formé et plus confortable. Apportant ses débordements le long de la ligne de touche et sa capacité à prendre la profondeur qui pourrait fortement plaire à Ricardo Soares. Diversifiant le profil par rapport à un Iuri Medeiros plus porté vers les débordements depuis l’extérieur vers l’axe du terrain. A gauche, on proposera la promotion depuis l’équipe B d’un nom qui reviendra souvent : celui d’Alvaro Djalo. Il a certes performé dans une attaque à deux cette saison. Mais son poste de formation reste celui d’ailier gauche. Lui permettant d’utiliser ses capacités de dribble et de vitesse dans les 1 contre 1. Moins à l’aise que Samuel Lino à l’intérieur, l’espagnol d’origine bissau-guinéenne possède comme le brésilien un très bon sens du but et de la surface. Tout comme la capacité désormais pré requise d’attaque de la profondeur. Qu’il a parfaitement exercé dans le 4-4-2 d’Artur Jorge cette saison.

Artur Jorge, 50 ans, entraineur de l’équipe B du SC Braga entre 2021 & 2022

Comme Carlos Carvalhal, la nomination à l’été 2022 d’Artur Jorge comme entraineur de l’équipe première est un retour. En tant que numéro un cette fois et non comme intérimaire. Car en effet, le désormais ex-entraineur de l’équipe B du Sporting Clube de Braga fut le dernier technicien d’une saison 2019/2020 qui avait vu passée quatre entraineurs sur le banc du club du Minho. Artur Jorge avait eu à sa charge l’équipe principale pour les cinq derniers matches de championnat (3 victoires, 1 nul, 1 défaite). Atteignant lors de la dernière journée, la 3e place et le podium de l’édition de l’époque. Après ce parcours, le club a finalement opté pour Carlos Carvalhal mais Artur Jorge est néanmoins resté dans l’organigramme du club.

L’ancien capitaine de Braga a tout d’abord été nommé entraineur de l’équipe U23. Où il atteint le podium de la Liga Revelação et la finale de la Taça Revelação lors de la saison 2020/2021. Puis avec sensiblement le même groupe, il est promu entraineur de l’équipe B. Atteignant cette saison la phase de montée de la première édition de la Liga 3. Deux saisons dans un contexte de phase terminale au niveau de la formation pouvant être considérées comme très abouties. Tant par l’évolution des joueurs sous sa responsabilité que par les résultats obtenus.

Car ce qui caractérise aussi Artur Jorge comme entraineur, c’est ce côté plus pragmatique que les entraineurs évoqués précédemment. Assumant complétement cette obsession de la victoire. Même au sein de la formation : « Nous devons former nos joueurs à gagner ». Justifiant qu’à partir d’un certain niveau, la progression et l’évolution individuel de l’athlète doit se faire en corrélation avec le résultat. Et ces deux critères évoqués ont été ces trois dernières saisons, entre les équipes U19, U23 et B, plus que remplis. 

Et le versatile profil de l’homme aux 265 matchs sous le maillot rouge et blanc a aussi pu s’exprimer totalement ces deux dernières saisons. Entrainant tout d’abord une « équipe 3 » dans une Liga Revelação 2020/21 (U23) composée majoritairement d’équipes secondaires. Puis cette saison dans l’ultra compétitive Liga 3, troisième échelon du football national senior portugais, avec une équipe B de moins de 21 ans de moyenne d’âge. Face à des équipes autant voire parfois plus riches individuellement et collectivement que son groupe d’un point de vue du modèle de jeu, l’entraineur portugais estime qu’il doit beaucoup s’adapter à l’adversaire. Assumant son gout de créer ainsi des plans de jeu très spécifiques.

Photo  n°5. Elu meilleur défenseur central du premier centenaire de l'histoire du Sporting Clube de Braga, Artur Jorge aura comme entraineur, dirigé toutes les équipes masculines du club, des U15 jusqu'à l'équipe A, à l’exception des U17.
Photo n°5. Elu meilleur défenseur central du premier centenaire de l’histoire du Sporting Clube de Braga, Artur Jorge aura comme entraineur, dirigé toutes les équipes masculines du club depuis 2017. Des U15 jusqu’à l’équipe A, à l’exception des U17.

Artur Jorge a en effet sur ces trois dernières saisons, entre U19, U23 et équipe B mais avec sensiblement le même noyau de joueurs, fait évoluer son équipe autour d’une matrice en 4-4-2. Celle qu’il avait notamment mis en place durant son intérim avec l’équipe première en 2020. La défense centrale et le double pivot étant en charge de la première phase de construction :

  • 2+2 si la première ligne offensive adverse est composée seulement d’un élément.
  • 3+1 avec un des milieux qui forme la ligne de 3 si l’adversaire construit avec plus d’une unité.

Les latéraux en organisation offensive peuvent quant à eux avoir plusieurs rôles :

  • Ne pas trop se projeter et soutenir la construction plus bas dans leur couloir face à la pression adverse.
  • Celui côté ballon peut parfois former la ligne de 3 en construction. Créant cette organisation en 3+2. Celui à l’opposé se projetant haut dans son couloir. Ce qui rend le système de l’équipe d’Artur Jorge fonctionnelle car modulable en fonction de la position du ballon.
  • Se projeter en même temps et être une menace dans la profondeur. Resserrant les quatre offensifs (attaquants + ailiers/milieux extérieurs) dans le couloir central pour créer le surnombre dans cette zone.
Figure  n°31. Construction qui menée par les deux défenseurs centraux et le double pivot. Modulable tel un 2+2 avec le soutien des latéraux (...)
Figure n°31. Construction menée par les deux défenseurs centraux et le double pivot. Modulable tel un 2+2 avec le soutien des latéraux (…)
Figure  n°32. (...) ou en 3+1 avec un des milieux (ici Vasco Moreira #66) qui décroche pour permettre ce moment de construction à 3 (...)
Figure n°32. (…) ou en 3+1 avec un des milieux (ici Vasco Moreira #66) qui décroche pour permettre ce moment de construction à 3 (…)
Figure  n°33. (...) permettant la projection des latéraux dans son couloir pour prendre la profondeur.
Figure 33. (…) permettant la projection des latéraux dans leur couloir afin de prendre la profondeur.
Figure  n°34. Construction en 3+1 avec un des milieux (Pedro Santos #89) entre les centraux cette fois et son compère (Vasco Moreira #66) derrière la première ligne adverse.
Figure n°34. Construction en 3+1 avec un des milieux (Pedro Santos #89) entre les centraux cette fois et son compère (Vasco Moreira #66) derrière la première ligne de pression adverse.
Figure  n°35. Un des milieux décroche tel un central extérieur pour former cette construction à 3. A noter le soutien à l’intérieur des milieux extérieurs/ailiers pour proposer des lignes de passe plus courtes et surpasser le bloc haut adverse. 
Figure n°35. Un des milieux décroche tel un central extérieur pour former cette construction à 3. A noter le soutien à l’intérieur des milieux extérieurs/ailiers pour multiplier et raccourcir les lignes de passe afin de surpasser le bloc haut adverse. 
Figure  n°36. Dernier type de construction : un des latéraux (Léo Buta #50) reste dans la ligne défensive aux côtés des centraux. Le double pivot est dans sa position naturelle. Démonstration d'une certaine variabilité et fluidité positionnelle afin de perturber les références adverses.
Figure n°36. Autre type de construction : un des latéraux (Léo Buta #50) reste dans la ligne défensive aux côtés des centraux. Le double pivot est dans sa position naturelle. Démonstration d’une certaine variabilité et fluidité positionnelle afin de perturber les références adverses.
Figure  n°37. Lors de son intérim de 5 matches avec l'équipe A en 2020, Artur Jorge avait là aussi pour son 4-4-2. A la fois défensivement (...)
Figure 37. Lors de son intérim de cinq matches avec l’équipe A en 2020, Artur Jorge avait là aussi opté pour son 4-4-2. A la fois défensivement (…)
Figure n°38. (...) qu'avec ballon. La ligne de 4 offensifs resserre à l'intérieur, l'amplitude sur la largeur est donnée par les latéraux (même si généralement celui côté ballon, Pedro Amador #81 ici, décroche souvent pour soutenir la construction).
Figure n°38. (…) qu’avec ballon. La ligne de 4 offensifs resserre à l’intérieur, l’amplitude sur la largeur est donnée par les latéraux (même si généralement celui côté ballon, Pedro Amador #81 ici, décroche souvent pour soutenir la construction).
Figure n°39. Le milieu à 2 se déformait déjà souvent pour former cette construction à 3 comme avec le décrochage de Samuel Costa #85 ici.
Figure n°39. Le milieu à 2 se déformait déjà souvent pour former cette construction à 3 comme avec le décrochage de Samuel Costa #85 ici.

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L’équipe d’Artur Jorge cherchera ainsi en première phase de construction, d’attirer souvent le bloc haut adverse. Et de le surpasser de manière verticale. Sans redoublement de passe mais plutôt via des transmissions plus longues, au sol ou dans les airs. Plusieurs avantages sont inhérents à cette idée. Si cela ne fonctionne pas, il reste logiquement beaucoup d’éléments derrière la position du ballon. Par contre, si cela fonctionne et que les premières lignes adverses sont surpassées, on peut attaquer cet espace qui continue d’être le fil rouge de notre présentation : la profondeur ! Répétitif peut être mais cela démontre surtout à quel point être menaçant et agressif dans ces zones se trouvant dans le dos des défenses adverses est primordiale aujourd’hui.

Ensuite, lorsque l’adversaire se regroupe défensivement, plusieurs dynamiques très identifiables se distinguent. Ce qui nous permet de mettre désormais en évidence la ligne de 4 joueurs offensifs. Une ligne composée tout d’abord de deux ailiers/milieux extérieurs. L’un étant généralement un joueur plus assimilé à un milieu relayeur de formation comme Eduardo Schürrle. Capable d’apporter surtout dans l’axe. Et de faire le lien par sa grande qualité de passe entre la construction et le dernier tiers. L’autre élément étant lui généralement un ailier plus incisif (Hernani Infande ou Kobamelo Kodisang) depuis son couloir vers l’intérieur. Mais ce dernier doit aussi être capable de décrocher dans l’axe (Cf. Figure 35). Afin d’avoir un véritable rideau de 2 joueurs pour occuper l’espace entre les lignes. Ces deux joueurs, ensemble ou de manière alternée, devant être très compétents donc pour occuper ces zones à l’intérieur.

Ils peuvent néanmoins être aussi amenés à apporter le surnombre sur la largeur quand il le faut. Ou fixer avec les deux attaquants axiaux la ligne défensive adverse. Etant ainsi responsables de l’organisation avec ballon finalement assez malléable de l’équipe d’Artur Jorge.

Les deux attaquants plus axiaux se remarquent quant à eux par leur profil très percutant. Les désormais membres permanents de l’équipe première Vitinha et Rodrigo Gomes composaient ce duo en début de saison. La révélation Alvaro Djalo et le sudafricain Kobamelo Kodisang l’ont terminé. Et tous se sont démarqués finalement par cette percussion avec ballon, cette verticalité et cette agressivité dans l’exploration de la sacro-sainte profondeur. Artur Jorge n’étant ainsi pas tributaire d’un numéro 9 de métier. Tant qu’ils ont aussi ce niveau minimum dans le jeu en appui ou en remise. Lorsqu’il faut décrocher dans l’espace entre le milieu et la défense adverse. Djalo et Kodisang étant des ailiers de formation qui jouaient encore quasi exclusivement sur les côtés la saison dernière.

Figure  n°40. Les ailiers/milieux intérieurs (Hernani #71 et Schürrle #56) ayant en deuxième phase de construction, le rôle principales de décrocher à l’intérieur, dans les demi-espaces, afin de faire ce lien entre les premières lignes de construction et le dernier tiers.  D’où la recherche d’avoir toujours un profil de milieu à ce poste. Eduardo Schürrle en équipe B. Bernardo Couto en U19 et U23 lorsque qu’Artur Jorge orientée ces équipes.
Figure n°40. Les ailiers/milieux extérieurs (Hernani #71 et Schürrle #56) ayant en deuxième phase de construction, le rôle principal de décrocher à l’intérieur, dans les demi-espaces, afin de faire ce lien entre les premières lignes de construction et le dernier tiers.  D’où la recherche d’avoir toujours un profil de milieu à ce poste. Eduardo Schürrle en équipe B. Bernardo Couto en U19 et U23 lorsque qu’Artur Jorge orientait ces équipes.
Figure n°41. La première ligne offensive se décomposant ainsi en deux rideaux. Les attaquants (Djalo #87 et Kodisang #40) fixent la ligne défensive et peuvent aussi servir d’appui comme ici. Les intérieurs (Schürrle #56) entre les lignes, face au jeu et important dans ce type mouvement de 3e et 4e homme qui attaque la profondeur.
Figure n°41. La première ligne offensive se décomposant ainsi en deux rideaux. Les attaquants (Djalo #87 et Kodisang #40) fixent la ligne défensive et pouvant aussi servir d’appui comme ici. Les intérieurs (Schürrle #56) entre les lignes, face au jeu et important dans ce type mouvement de 3e et 4e homme pour attaquer la profondeur.
Figure n°42. Lorsqu’un des milieux décroche au sein de la ligne défensive (Pedro Santos #89 ici), on peut observer des décrochages encore plus francs des intérieurs aux côtés du milieu défensif (Vasco Moreira #66) pour former ce milieu à 3, créant une sorte de 3-5-2 avec ballon et créant ce surnombre au milieu.
Figure n°42. Lorsqu’un des milieux décroche au sein de la ligne défensive (Pedro Santos #89 ici), on peut observer des décrochages encore plus francs des intérieurs aux côtés du milieu défensif (Vasco Moreira #66) pour former ce milieu à 3, créant une sorte de 3-5-2 avec ballon et générant ce surnombre et ces lignes de passe proches au milieu.
Figure n°43. On peut aussi observer régulièrement une véritable ligne offensive de 4 fixant la ligne défensive adverse et menaçant la profondeur.
Figure n°43. On peut aussi observer régulièrement une véritable ligne offensive de 4 fixant la ligne défensive adverse et menaçant la profondeur.
Figure  n°44. Position de ces ailiers/milieux extérieurs parfois plus classique sur la largeur (Kodisang #40 ici).
Figure n°44. Position de ces ailiers/milieux extérieurs parfois plus classique sur la largeur (Kodisang #40 ici).
Figure  n°45. Lorsque le décalage dans le dernier tiers est réalisé ; depuis le latéral droit ici, toute la ligne offensive est présente : les 2 attaquants explorant la petite surface et les 2 ailiers/milieux extérieurs placés en retrait.
Figure n°45. Lorsque le décalage dans le dernier tiers est réalisé, depuis le latéral droit ici, toute la ligne offensive est présente : les deux attaquants explorant la petite surface et les deux ailiers/milieux extérieurs placés en retrait.

Comme avec les autres entraineurs décrits, l’attaque de la profondeur est donc légion. Lorsque celle-ci est disponible, les hommes d’Artur Jorge sont donc plus que sensibilisés à son exploration. Et comme on l’a vu, les profils choisis offensivement sont en adéquation avec cet aspect. Ainsi que ceux des latéraux que sont Dinis Pinto et Léonardo Buta. La ligne défensive ou le milieu de terrain comme fournisseur assidu de ballons exploitables.

Mais lorsque cette profondeur est moins exploitable, d’autres dynamiques se démarquent pour percer les lignes adverses. Des automatismes très identifiables, parfois mécaniques qui rappelle pourquoi Artur Jorge se rapproche plus du coach qu’est Abel Ferreira. Via premièrement ce circuit qui cherche à utiliser la forte présence dans le couloir central des offensifs. Attirant l’adversaire dans l’axe, afin de décaler sur la largeur et profiter de certaines courses dans les couloirs.

Une autre combinaison remarquable part cette fois de l’extérieur pour revenir à l’intérieur. Et plus spécifiquement par ces caractéristiques courses des ailiers vers l’axe cherchant immédiatement un appui pour continuer leur incursion. Et attaquer ensuite fortement l’espace entre le central et le latéral adverse. Afin de tenter de percer la ligne défensive adverse. Une dynamique très identifiable et qui traduit ce côté parfois machinal du jeu des équipes Artur Jorge.

Un autre aspect du jeu de l’équipe B d’Artur Jorge concerne ensuite les centres. Et plus particulièrement des centres d’assez loin. Cherchant cette saison à notamment maximiser la qualité sur ces actions des latéraux que sont Dinis Pinto et Miguel Vilela. La présence dans la surface étant comme on l’a vu souvent bien identifiée via les quatre offensifs.

Enfin, même si les chemins pour atteindre le but semblent très identifiables, une part d’improvisation est quand même laissée aux créatifs joueurs qui composent la ligne offensive. Afin de combiner entre eux pour notamment débloquer des organisations défensives plus reculées.

Mais comme évoqué précédemment, l’équipe B du Sporting Clube de Braga était naturellement moins dominante avec ballon dans cette première édition de la Liga 3. Ayant dû affronter des équipes parfois bien plus expérimentées. Et qui avaient aussi des armes très fortes pour déployer leur jeu. Forçant ainsi l’équipe d’Artur Jorge à être tout autant voire plus compétente en transition offensive. Cette quête de la profondeur et les profils des offensifs très percutants évoqués précédemment s’exprimant encore plus aisément dans ces situations de contre-attaque. Responsables de 35% des buts (16 sur 45) cette saison par l’équipe d’Artur Jorge. Témoignant de nouveau de la verticalité comme fil conducteur.

En analysant néanmoins ces buts en transition, on remarque un équilibre entre des opportunités créées depuis plus loin dans notre camp. Et des opportunités liées à des récupérations plus hautes. Car en effet, malgré sa compétitivité, la Liga 3 reste le championnat de 3e division portugaise. Soumis ainsi plus facilement aux erreurs individuelles et aux pertes de balles parfois fatales. Artur Jorge l’a bien compris. Et sans avoir une équipe axée sur un pressing constant et infernal, il a juste par une organisation défensive en bloc haut, généré beaucoup de situations de récupérations hautes dans le camp adverse. Maximisant ainsi encore un peu plus les qualités de son équipe en transition.

Ainsi, en organisation défensive, l’équipe d’Artur Jorge se structure néanmoins dans un 4-4-2 assez classique. Capable donc d’évoluer dans un bloc haut, médian et bas. Les deux éléments de devant tentant de conditionner la construction adverse vers la largeur. Tout en étant prêt à réagir à la récupération et donc en transition. Les deux lignes de quatre quant à elles se modulent généralement en fonction de la position des latéraux ou des pistons adverses. Les milieux extérieurs étant chargés de les suivre strictement et de former la ligne de 5 (voire ligne de 6 !) pour contrôler la largeur.

Figure n°46. Système de base en organisation défensive : aussi le 4-4-2 (...)
Figure n°46. Système de base en organisation défensive : aussi le 4-4-2 (…)
Figure n°47. (...) modulable en 5-3-2/5-2-3 via les ailiers (Hernani #71 ici) qui décrochent pour suivre le latéral/piston adverse, former la ligne défensive de 5 et protéger la largeur.
Figure n°47. (…) modulable en 5-3-2/5-2-3 via les ailiers (Hernani #71 ici) qui décrochent pour suivre le latéral/piston adverse, former la ligne défensive de 5 et protéger la largeur.

Connaissant tous ses principes, Artur Jorge n’a cependant jamais caché son goût pour les plans de jeu spécifiques à l’adversaire du jour. Cherchant à maximiser les forces de son équipe tout en appuyant sur les faiblesses de l’opposant. Un aspect de son profil plus exacerbé que Carvalhal et qui le rapproche toujours plus d’Abel Ferreira. Les deux ayant finalement pu confronter leurs capacités stratégiques à des divisions inférieures portugaises (D2 pour Abel, D3 pour Artur Jorge). Deux divisions offrant cette grande variabilité de contextes.

L’un des derniers exemples en date restant pour Artur Jorge la victoire à domicile du SC Braga B lors de la réception de l’União Leiria en Mars dernier. L’ancien capitaine légendaire de Braga invoquant pour cette rencontre la ligne défensive de 6, via le décrochage des deux ailiers. Afin de contrôler la ligne offensive de 5 joueurs adverses créée par la position très haute des pistons qui déforme régulièrement le 3-4-3 de Bino Maçães en 3-2-5 dans les moments offensifs. Une organisation défensive agrémentée par de nombreuses phases de marquage individuel classique. Pour notamment contrôler les intérieurs entre les lignes et le milieu à 2 adverse. Et rappelant l’approche de la finale de la Coupe du Monde des clubs en janvier dernier de la part du Palmeiras d’Abel face à Chelsea.

Figure  n°48. Face à l’União Leiria, Artur Jorge opte pour le 6-2-2 en organisation défensive avec le décrochage dans la ligne défensive des milieux extérieurs que sont Schürrle #56 et Hernani #71. Cherchant la supériorité numérique face à la linge offensive de 5 joueurs adverses. Le marquage individuel de la part de la ligne défensive et du milieu est aussi palpable.
Figure n°48. Face à l’União Leiria, Artur Jorge opte pour le 6-2-2 en organisation défensive avec le décrochage dans la ligne défensive des ailiers/milieux extérieurs que sont Schürrle #56 et Hernani #71. Cherchant la supériorité numérique face à la ligne offensive de 5 joueurs adverses. Le marquage individuel de la part de la ligne défensive et du milieu est aussi identifiable.
Figure  n°49. Les latéraux évolueront tels des défenseurs centraux pour contrôler les décrochages entre les lignes les 3 offensifs positionnés à l’intérieur côté Leiria.
Figure n°49. Les latéraux évolueront tels des défenseurs centraux pour contrôler les décrochages entre les lignes les 3 offensifs positionnés à l’intérieur côté Leiria.

Lors de ses trois dernières saisons, entre les U19, les U23 et l’équipe B respectivement, Artur Jorge est donc parti sur une base en 4-4-2 assez déformable et dynamique. Mais avec l’équipe U23 lors de la saison 2020/21, les résultats et performances lors de cet exercice avaient été obtenus via l’organisation plus « classique » au sein du club qu’est le désormais fameux 3-4-3. Telle une nouvelle preuve d’ouverture et de versatilité de la part de l’entraineur de 50 ans.

Avec par exemple le latéral gauche de formation Miguel Vilela aligné durant cette saison comme central gauche dans une défense à 3. Créant cette position de piston plus confortable notamment pour Léonardo Buta et réduisant la ligne offensive avec désormais trois éléments. Défensivement, la capacité à aligner une ligne défensive de 5 plus classique est démontrée avec cette fois des latéraux contrôlant la largeur. Et non via un ailier qui décroche comme on l’a vu précédemment.

Figure  n°50. Avec l’équipe U23, Artur Jorge organisé son équipe en 3-4-3 avec ballon mais toujours avec un latéral de formation dans la défense à 3 (Miguel Vilela #5 la grande majorité du temps). On retrouve néanmoins le double pivot et la potentielle ligne offensive de 5 éléments composée désormais de 2 pistons.
Figure n°50. Avec l’équipe U23, Artur Jorge organisait son équipe en 3-4-3 avec ballon mais toujours avec un latéral de formation dans la défense à 3 (Miguel Vilela #5 la grande majorité du temps). On retrouve néanmoins le double pivot et la potentielle ligne offensive de 5 éléments composée désormais de deux pistons.
Figure  n°51. Sans ballon, on retrouve cette volonté de vouloir contrôler la largeur par cette ligne défensive de 5 joueurs mais structuré qu’avec des défenseurs de formation.
Figure n°51. Sans ballon, on retrouve cette volonté de vouloir contrôler la largeur par cette ligne défensive de 5 joueurs mais structurée qu’avec des défenseurs de formation.

Artur Jorge est donc l’élu et le choix d’Antonio Salvador pour succéder à Carvalhal. Et au regard des récents succès d’entraineurs promus depuis une équipe secondaire au sein du club (Abel en 2017 & Ruben Amorim en 2020), au Portugal (Bruno Lage à Benfica en 2019) et voire en Europe (Julian Nagelsmann à Hoffenheim en 2016, Marco Rose à Salzburg en 2017, Frank Haise au RC Lens en 2020), cette décision est loin d’être surprenante. Misant sur l’avantage de connaitre parfaitement le technicien mais surtout l’homme choisi. Ainsi que sa méthodologie, son leadership, son relationnel, ses idées, sa personnalité etc. Balayant dans le football d’aujourd’hui l’aspect « par défaut » d’un tel choix.

Un choix qui s’éloigne tout de même du profil qu’était Carlos Carvalhal. Sans s’opposer radicalement non plus. Artur Jorge axant plus sa philosophie sur une compétence de tous les moments. La tendance d’une organisation flexible et malléable les rapprochant néanmoins.

Lire Aussi | Artur Jorge : « On travaille pour rentabiliser le joueur sportivement et financièrement »

Le légendaire capitaine de la fin des années 90 atteint ainsi deux rêves : celui de devenir l’entraineur de son club. Et celui de diriger une équipe en première division comme coach principal. Artur Jorge est aussi bien plus préparé à ce défi qu’il y a deux ans lors de son intérim de l’été 2020. Et la figure qu’il représente pour les supporters de Braga agrémente positivement le tout.

Il nous confiait enfin en 2020 sa vision de son rôle au sein du centre de formation : « Pour quantifier notre travail en termes de formation il y a deux choses selon moi : les joueurs qui arrivent jusqu’à l’équipe première et les joueurs de la formation qui sont vendus, même parfois avant leur arrivée en équipe première. » Une vision réplicable comme coach de l’équipe A et assez en accord avec le contexte actuel du club décrit au départ. L’Artur Jorge entraineur coche ainsi beaucoup de cases. Notamment la continuité du pari sur la formation. Pour un entraineur qui dirigeait encore les U15 en 2017. D’où le choix d’Antonio Salvador de lui donner cette chance entièrement méritée. Ne reste plus qu’à saisir l’opportunité !

Figure  n°52. Projection Effectif 2022/23 : Artur Jorge.
Figure 52. Projection Effectif 2022/23 : Artur Jorge.

Ainsi, les spécificités de cette projection en fonction de l’entraineur qu’est Artur Jorge par rapport à la projection globale des départs réalisée plus haut sont :

  • Promotion d’Eduardo Schürrle, Alvaro Djalo et Kobamelo Kodisang : On retrouve Alvaro Djalo et Eduardo Schürrle comme avec les autres projections réalisées. Mais à des positions forcément plus familières par rapport à leur saison en équipe B. Dans cette matrice de jeu, on a aussi besoin d’une doublure sur le côté droit offensif. Kobamelo Kodisang semble être le candidat idéal. Méritant depuis plusieurs mois maintenant de connaitre autre chose que la D3 portugaise. Il retrouverait une position à droite plus naturelle pour lui. De cet effectif projeté ci-dessus, dix joueurs issus de la formation auront déjà été dirigés par Artur Jorge dans une des quatre équipes de formation qu’il a connu ces cinq dernières saisons !

Matthieu Monteiro

Sócio n°9491 Sporting Clube Braga • 24 ans • @MMatthieuZSCB sur Twitter • Chroniqueur chez Golaço depuis 2019 • Ingénieur informatique & analyse vidéo • Fondateur de @ZoneSCBraga sur Twitter • Ne jure que par les schémas de Paulo Fonseca et Eder en prolongation

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