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Arsène Wenger : parcours, méthode et héritage à Arsenal

9 septembre 2026 22 min de lecture Mis a jour 9 septembre 2026
Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

En bref

  • Arsène Wenger a dirigé Arsenal de 1996 à 2018, soit près de vingt-deux saisons et 1 235 matchs officiels.
  • Son parcours passe par l’Alsace, Nancy, Monaco et Nagoya avant son arrivée à Highbury.
  • Sa méthode a modifié la préparation, le recrutement et la gestion d’équipe dans le football anglais.
  • Les Invincibles de 2003-2004 restent son œuvre la plus marquante, avec un titre de Premier League sans défaite.
  • Son héritage dépasse les trophées, car Arsenal a changé de stade, de modèle économique et d’identité sous sa direction.

Arsène Wenger, un parcours alsacien avant Arsenal

Arsène Wenger est né à Strasbourg le 22 octobre 1949 et a grandi à Duttlenheim, village alsacien situé au sud-ouest de la ville. Son père, Alphonse Wenger, dirigeait l’équipe locale et tenait avec sa famille un commerce de pièces automobiles ainsi qu’un bistrot. Le football arrive donc très tôt dans son quotidien, au même titre que l’observation des comportements humains et des rapports de groupe.

Le jeune Wenger ne possède pas le parcours de joueur qui ouvre habituellement les portes des grands bancs européens. Il évolue notamment à Mutzig, Mulhouse, Vauban puis au Racing Club de Strasbourg, le plus souvent au milieu de terrain avant de reculer en défense centrale. Son unique apparition européenne avec Strasbourg intervient en novembre 1978 contre le MSV Duisbourg, en Coupe UEFA.

Cette carrière modeste n’est pas un handicap dans sa construction d’entraîneur. Elle l’oblige à regarder les matchs autrement, à s’intéresser au placement, aux équilibres et aux mécanismes collectifs plutôt qu’à sa seule performance individuelle. À Mutzig, sous les ordres de Max Hild, il voyage régulièrement en Allemagne pour observer la Bundesliga et les méthodes des entraîneurs locaux.

Les études et l’apprentissage du métier d’entraîneur

Wenger poursuit en parallèle des études d’économie à l’université de Strasbourg. Cette formation ne fait pas de lui un dirigeant financier, mais elle nourrit une lecture concrète des contraintes de club, du coût d’un effectif et de la valeur future d’un joueur. Cette approche prendra un poids considérable lorsqu’Arsenal devra financer le passage de Highbury à l’Emirates Stadium.

Il obtient son diplôme d’entraîneur en 1981, après avoir travaillé auprès des équipes de jeunes et de la réserve du RC Strasbourg. Le club alsacien vient alors de remporter le championnat de France 1978-1979. Wenger participe peu à ce titre comme joueur, mais cette période lui donne un premier accès au fonctionnement d’une équipe professionnelle ambitieuse.

Son premier poste majeur arrive à Nancy en 1984. Il y découvre une réalité moins confortable que celle des grands clubs : budget limité, maintien à assurer, joueurs parfois déplacés de leur poste d’origine et effectif régulièrement amputé par les ventes. Il expérimente déjà certaines idées sur l’alimentation, l’organisation des séances et l’adaptation des profils.

À Monaco, où il est nommé en 1987, son travail prend une autre dimension. Dès sa première saison, l’AS Monaco remporte le championnat de France 1987-1988, devant Bordeaux. Wenger gagne ensuite la Coupe de France en 1991 et mène le club jusqu’à la finale de la Coupe des coupes 1992, perdue contre le Werder Brême.

Club Période Repère sportif
Nancy 1984-1987 Maintien en Division 1
Monaco 1987-1994 Champion de France 1988
Nagoya Grampus 1995-1996 Coupe de l’Empereur 1995
Arsenal 1996-2018 Trois titres de Premier League

Le passage japonais constitue un moment souvent réduit à une parenthèse, alors qu’il compte beaucoup dans son parcours. À Nagoya Grampus Eight, Wenger reprend une équipe qui sort d’une saison très difficile. Elle termine vice-championne du Japon en 1995, gagne la Coupe de l’Empereur en janvier 1996 puis la Super Coupe du Japon deux mois plus tard.

La J.League lui apprend une autre relation au travail collectif. Wenger y exige davantage de prise de décision de la part des joueurs, tout en ajustant son propre tempérament. Dragan Stojković devient l’une des figures de cette équipe, preuve qu’un cadre exigeant peut libérer un joueur créatif au lieu de le brider.

Quand Arsenal le recrute en septembre 1996, son nom reste largement inconnu du public anglais. La presse britannique s’interroge sur ce Français venu du Japon, loin des circuits habituels de la Premier League. Le scepticisme est réel, mais le club lui offre ce que peu d’entraîneurs obtiennent alors : la main sur les transferts, les contrats et les séances.

Tableau tactique avec aimants et maillot rouge dans un vestiaire
Illustration générée par intelligence artificielle.

Arsène Wenger à Arsenal, de l’inconnu au premier doublé anglais

Arsène Wenger prend officiellement ses fonctions à Arsenal le 1er octobre 1996. Il devient le premier entraîneur français de l’histoire de la Premier League. Son premier match sur le banc se termine par une victoire 2-0 à Blackburn, le 12 octobre, mais le chantier est plus profond qu’un résultat de championnat.

Arsenal possède déjà une défense redoutable, articulée autour de Tony Adams, Martin Keown, Lee Dixon et Nigel Winterburn. L’équipe traîne aussi une réputation de formation rigide, directe et peu séduisante. Wenger ne détruit pas cet acquis : il garde la solidité défensive et transforme progressivement ce qui se passe devant.

Sa première saison se conclut à la troisième place du championnat. Arsenal manque la qualification pour la Ligue des champions à la différence de buts derrière Newcastle. Ce n’est pas encore un bouleversement complet, mais l’entraîneur a déjà identifié le besoin de vitesse, de technique et de concurrence dans les zones offensives.

Le doublé de 1998 et une équipe construite par cohérence

L’été 1997 donne une lecture nette de sa méthode de recrutement. Marc Overmars arrive de l’Ajax, Emmanuel Petit de Monaco, tandis que Gilles Grimandi et Christopher Wreh rejoignent aussi le club. Ces choix ne répondent pas à une logique de prestige : ils répondent à un besoin de jeu précis.

Patrick Vieira et Petit installent une puissance technique au milieu. Overmars étire les défenses par ses courses, Dennis Bergkamp organise entre les lignes, tandis qu’Anelka offre une profondeur immédiate. Arsenal garde son socle anglais, mais devient une équipe beaucoup plus mobile et plus difficile à enfermer.

La saison 1997-1998 bascule au printemps. Arsenal gagne 1-0 à Old Trafford le 14 mars 1998 grâce à Overmars, puis enchaîne neuf victoires de championnat. Le titre est assuré contre Everton le 3 mai, avant une victoire face à Newcastle en finale de FA Cup le 16 mai.

Wenger devient alors le premier entraîneur étranger à réussir le doublé championnat-FA Cup en Angleterre. Le fait compte parce qu’il casse une idée très installée à l’époque : un technicien venu de l’étranger ne connaîtrait pas assez la culture anglaise pour gagner durablement. Arsenal ne copie pas le football continental, il mélange des qualités anglaises et européennes.

Le départ de Nicolas Anelka vers le Real Madrid en 1999 illustre aussi la manière dont Wenger pense le marché. Arsenal avait recruté l’attaquant au Paris Saint-Germain pour une indemnité rapportée de 500 000 livres sterling. Deux ans plus tard, le transfert vers Madrid est annoncé par la presse britannique autour de 23,5 millions de livres, sans que tous les détails contractuels ne soient publiés.

Une part de cette recette aide Arsenal à préparer son centre d’entraînement. L’autre permet d’attirer Thierry Henry depuis la Juventus à l’été 1999. Wenger connaît le joueur depuis Monaco et refuse de le juger sur une expérience italienne incomplète. Il le fixe progressivement dans l’axe, où sa vitesse et sa qualité de conduite changent l’attaque londonienne.

Le premier cycle ne se limite pas aux trophées. Il installe une idée forte : le recrutement ne vaut que s’il s’insère dans une architecture sportive lisible. Wenger ne cherche pas un nom à afficher, il cherche une fonction à remplir. Cette distinction explique la réussite de Bergkamp, Vieira, Henry, Pires et Ljungberg sous le même maillot.

Pour replacer cette période dans l’histoire visuelle du club, l’évolution du rouge et blanc raconte aussi le changement d’époque. L’histoire des maillots d’Arsenal permet de retrouver le passage entre l’identité de Highbury et celle qui accompagnera l’arrivée du nouveau stade.

La méthode Wenger, entre préparation physique et liberté tactique

La méthode d’Arsène Wenger est parfois résumée aux pâtes, aux légumes et à la fin des habitudes d’alcool chez les joueurs. Cette image contient une part de vérité, mais elle ne suffit pas. Son apport concerne un ensemble plus large : préparation, récupération, organisation du travail, recrutement et lecture du jeu.

À son arrivée, certains joueurs d’Arsenal découvrent une préparation quotidienne plus encadrée. Wenger limite les écarts alimentaires, encourage des repas moins gras avant les matchs et introduit une attention plus régulière au sommeil, aux étirements et à la fatigue. Ces pratiques existaient déjà en Italie ou en France, mais elles restent moins répandues dans l’Angleterre des années 1990.

Le changement ne vient donc pas d’une recette miraculeuse. Il vient de la régularité. Un entraîneur qui modifie le menu sans changer l’intensité, la récupération ou la qualité du travail collectif ne transforme pas une équipe. Wenger relie ces éléments au calendrier et au projet de jeu.

Des tactiques pensées pour les joueurs, pas pour le tableau noir

Wenger apprécie longtemps le 4-4-2, qu’il estime particulièrement efficace pour occuper le terrain. Avec Arsenal, ce système n’a pourtant rien de figé. Robert Pirès ou Overmars partent souvent d’un côté pour entrer dans l’axe, tandis que les latéraux participent au jeu offensif.

Le milieu Vieira-Petit apporte une base physique et technique qui autorise cette liberté. Bergkamp décroche, Henry attaque les espaces, Freddie Ljungberg surgit dans la surface. Sur le papier, la structure paraît classique ; sur le terrain, elle produit des échanges de positions rapides et difficiles à suivre.

Après l’émergence de Cesc Fàbregas, Arsenal évolue vers un football davantage fondé sur la possession. Wenger utilise ensuite des variantes en 4-3-3, 4-2-3-1 et, plus tard, en 3-4-3. Cette adaptation dément l’idée d’un entraîneur incapable de modifier ses tactiques, même si certaines transitions ont été plus convaincantes que d’autres.

Son principe reste stable. L’équipe doit garder des lignes proches, avancer par des passes rapides et laisser une marge de décision aux joueurs dans les trente derniers mètres. Wenger ne veut pas téléguider chaque contrôle depuis le banc. Il attend de ses attaquants qu’ils lisent eux-mêmes le rapport de force.

Cette liberté a produit des séquences de jeu parmi les plus fluides de l’ère Premier League. Elle a aussi alimenté une critique fondée lors de certaines défaites : Arsenal pouvait dominer le ballon sans trouver la solution contre un bloc très compact. La possession ne remplace ni la présence dans la surface ni la maîtrise des temps faibles.

  • Les séances étaient découpées en ateliers courts, avec ballon et objectifs de déplacement précis.
  • La préparation cherchait à réduire la fatigue accumulée, surtout lors des périodes de matchs rapprochés.
  • Les jeunes étaient intégrés pour leur compréhension du jeu, pas seulement pour leur potentiel athlétique.
  • Le staff recevait des responsabilités importantes, Wenger supervisant davantage qu’il ne monopolisait chaque exercice.

La gestion d’équipe de Wenger repose aussi sur la confiance. Patrick Vieira a souvent décrit cette qualité comme une force, mais aussi comme une source de risque. Un joueur soutenu peut grandir vite ; un collectif trop libre peut manquer de réponses quand le match exige un leader plus directif.

Les chiffres sur les blessures rappellent d’ailleurs qu’aucune méthode ne reste parfaite sur deux décennies. Selon une étude relayée par le Daily Telegraph en décembre 2014, Arsenal avait perdu 13 161 journées-joueurs pour blessure entre 2004-2005 et 2014-2015, le total le plus élevé de Premier League sur cette période. L’arrivée du préparateur Shad Forsythe en 2014 s’accompagne ensuite d’une baisse rapportée de la durée moyenne des indisponibilités.

L’innovation de Wenger ne tient pas à un seul exercice ou à un seul schéma, mais à l’idée qu’un footballeur doit être préparé comme un sportif complet. Cette logique paraît normale en 2026, ce qui mesure justement la trace laissée par son travail.

Les Invincibles d’Arsenal, le sommet sportif d’Arsène Wenger

La saison 2003-2004 donne à Arsène Wenger une place à part dans l’histoire du football anglais. Arsenal remporte la Premier League sans perdre le moindre match. Sur 38 rencontres, l’équipe obtient 26 victoires et 12 nuls, pour 90 points.

Preston North End avait déjà terminé un championnat invaincu en 1888-1889, mais dans un format de 22 matchs. L’exploit d’Arsenal prend une autre dimension dans une Premier League moderne, avec un calendrier plus dense, une exposition médiatique permanente et une concurrence structurée autour de Manchester United, Chelsea et Liverpool.

La série ne s’arrête pas au seul exercice 2003-2004. Arsenal porte son invincibilité à 49 matchs de championnat, un record en première division anglaise. Elle s’achève le 24 octobre 2004 avec une défaite 2-0 à Manchester United.

Henry, Vieira et la mécanique collective des Invincibles

Thierry Henry termine la saison avec 30 buts en championnat et 24 passes décisives selon les statistiques historiques de Premier League. Ces chiffres disent beaucoup de son influence, mais ils ne doivent pas effacer le reste de l’équipe. Arsenal ne dépend pas d’un seul finisseur.

Vieira donne le rythme au milieu, Gilberto Silva stabilise les transitions, Pirès apporte sa lecture du dernier geste et Ljungberg occupe les espaces délaissés par les défenseurs. Sol Campbell et Kolo Touré forment une charnière capable de défendre loin de son but. Ashley Cole offre une solution offensive constante sur le côté gauche.

Wenger trouve alors un équilibre rare entre talent individuel et fonctionnement collectif. Henry peut décrocher parce que Bergkamp comprend immédiatement l’espace libéré. Pirès peut rentrer dans l’axe parce que Cole déborde. Vieira peut se projeter parce que Gilberto sécurise derrière lui.

Le match contre Liverpool à Highbury, le 9 avril 2004, résume une partie de cette force. Arsenal est mené à la pause et Henry inscrit un triplé après le repos pour une victoire 4-2. Le point marquant n’est pas seulement la qualité du Français : l’équipe ne renonce pas à son jeu quand elle est sous pression.

Il serait pourtant faux de présenter ce groupe comme une machine sans défaut. Arsenal est éliminé de la Ligue des champions par Chelsea en quarts de finale et perd les demi-finales de FA Cup contre Manchester United. Une saison invaincue en championnat ne signifie pas une domination absolue sur toutes les compétitions.

La campagne européenne de 2005-2006 apporte une autre facette du travail de Wenger. Arsenal atteint sa première finale de Ligue des champions, après avoir éliminé le Real Madrid, la Juventus et Villarreal. L’équipe s’incline 2-1 contre Barcelone au Stade de France le 17 mai 2006, malgré l’ouverture du score de Sol Campbell.

Cette finale confirme une frustration durable. Wenger n’a jamais gagné de compétition européenne comme entraîneur de club. Il perd la finale de Coupe des coupes avec Monaco en 1992, celle de Coupe UEFA avec Arsenal en 2000, puis celle de Ligue des champions en 2006. Ce manque ne retire rien à son bilan anglais, mais il empêche son palmarès continental d’être complet.

Le statut des Invincibles demeure néanmoins intact. Arsenal a reçu un trophée d’or unique de la Premier League pour cette performance, et Wenger en a reçu une réplique lors de son dernier match à domicile en mai 2018. En juillet 2023, le club a inauguré une statue en bronze de l’entraîneur devant l’Emirates Stadium, trophée des Invincibles dans les mains.

Cette équipe reste la meilleure réponse à ceux qui réduisent Wenger à un théoricien élégant. Elle savait dominer, courir, défendre et gagner dans des contextes très différents. Son héritage sportif se juge d’abord là, sur une saison entière que personne n’a reproduite depuis en Angleterre.

Arsenal, l’Emirates Stadium et les années de reconstruction sous Wenger

Le déménagement de Highbury vers l’Emirates Stadium en 2006 modifie profondément le travail d’Arsène Wenger. Le nouveau stade augmente les recettes potentielles et donne au club une capacité d’accueil bien supérieure. Mais la construction et le financement imposent aussi une discipline budgétaire qui pèse sur la composition de l’effectif.

Wenger a toujours défendu cette décision. Pour lui, Arsenal devait changer d’échelle afin de rester compétitif à long terme. Dans l’immédiat, le prix à payer est sportif : les départs de joueurs confirmés s’enchaînent, tandis que le club accorde davantage de place aux jeunes.

Cesc Fàbregas, Robin van Persie, Theo Walcott, Alex Song, Gaël Clichy et plus tard Aaron Ramsey ou Jack Wilshere incarnent cette période. Certains deviennent des cadres majeurs, d’autres partent avant que le projet ne mûrisse pleinement. La difficulté n’est pas de former un talent, mais de le garder lorsqu’un rival offre un salaire ou une perspective sportive supérieure.

Une politique de recrutement souvent mal comprise

Wenger a longtemps été décrit comme un entraîneur qui refuse de dépenser. Le raccourci ne tient pas complètement. Il dépense lorsqu’il estime que le profil correspond, mais il refuse de payer un prix qu’il juge déconnecté de la valeur sportive ou contractuelle d’un joueur.

Le recrutement de Mesut Özil en septembre 2013 montre ce changement de contexte. Arsenal communique alors l’arrivée du milieu allemand depuis le Real Madrid, pour un montant rapporté autour de 42,5 millions de livres sterling par la presse britannique. Le club ne détaille pas publiquement toute la structure financière, ce qui interdit de présenter ce chiffre comme une somme nette et définitive.

Alexis Sánchez arrive ensuite de Barcelone en 2014, puis Granit Xhaka, Shkodran Mustafi, Alexandre Lacazette et Pierre-Emerick Aubameyang suivent. Le dernier est recruté en janvier 2018 pour un montant annoncé par Arsenal comme record du club, tandis que plusieurs médias évoquent 56 millions de livres. Là encore, les bonus éventuels et les mécanismes annexes ne sont pas tous publics.

La lecture correcte est donc simple. Wenger n’a pas refusé le marché des transferts ; il a vécu des périodes où Arsenal ne pouvait pas l’aborder comme Chelsea, Manchester City ou Manchester United. Les choix de jeunes joueurs correspondent autant à une contrainte économique qu’à une conviction de formation.

Ces années ont été pénibles pour une partie du public. Arsenal reste souvent dans le haut du classement, se qualifie régulièrement pour la Ligue des champions, mais ne gagne plus de trophée majeur entre la FA Cup 2005 et la FA Cup 2014. Neuf ans sans coupe sont trop longs pour un club de cette dimension.

Wenger répond pourtant en ramenant le trophée à Wembley. Arsenal bat Hull City 3-2 après prolongation en finale de FA Cup 2014, puis Aston Villa 4-0 en 2015 et Chelsea 2-1 en 2017. Avec sept FA Cups remportées comme entraîneur, il demeure le manager le plus titré de l’histoire de l’épreuve, selon les archives de la Football Association.

Son dernier exercice, 2017-2018, se termine sans qualification pour la Ligue des champions et avec une sixième place en Premier League. Le 20 avril 2018, Wenger annonce son départ à la fin de la saison. Il quitte Arsenal après une victoire 1-0 à Huddersfield le 13 mai, au terme de 22 ans de présence.

Le jugement sur cette période doit tenir les deux réalités. Les dernières années ont révélé des limites tactiques, des blessures répétées et une difficulté à rivaliser avec des effectifs plus coûteux. Elles ont aussi permis à Arsenal de traverser une mutation immobilière et financière sans quitter durablement le premier rang anglais.

L’héritage d’Arsène Wenger à Arsenal et dans le football moderne

L’héritage d’Arsène Wenger à Arsenal ne se limite ni à une statue ni à une collection de trophées. Il concerne l’idée même de ce qu’un entraîneur peut être. Avant lui, le manager anglais est souvent perçu comme un chef de vestiaire, un sélectionneur de joueurs et un décideur de match.

Wenger élargit la fonction. Il s’intéresse à la nutrition, à la récupération, à la formation, aux langues, aux marchés étrangers et à la construction d’infrastructures. Cette vision est devenue largement banale dans les grands clubs en 2026. C’est précisément pour cela qu’il faut rappeler ce qui paraissait inhabituel en 1996.

Son influence est aussi visible dans le recrutement international de la Premier League. Arsenal n’est pas le premier club anglais à signer des étrangers, mais Wenger démontre qu’un groupe cosmopolite peut gagner le championnat tout en gardant une identité de jeu forte. L’équipe du doublé 1998 associe des joueurs anglais, français, néerlandais, nigérians et d’autres nationalités sans fonctionner comme une addition de noms.

Une figure admirée, discutée et durablement présente

Le bilan de Wenger ne demande pas d’effacer les critiques. Ses équipes ont parfois manqué de variété contre des adversaires plus pragmatiques. Ses choix de recrutement défensif ont été contestés, surtout dans les années 2010. Certaines défaites lourdes face aux concurrents directs ont alimenté l’idée que son football ne répondait plus entièrement aux exigences de la Premier League moderne.

La critique la plus solide concerne l’écart entre l’ambition affichée et certains résultats européens. Arsenal a joué une finale de Ligue des champions et une finale de Coupe UEFA sous Wenger, sans les gagner. Pour un club de cette taille, ce manque reste une limite concrète, pas un détail.

Mais réduire son passage à cette absence de coupe d’Europe serait une lecture pauvre. Il faut regarder ce qu’était Arsenal avant 1996, ce qu’est devenu le club après Highbury, et ce que le championnat anglais a emprunté à cette période. La méthode Wenger a donné à Arsenal une identité offensive dont les successeurs restent encore comptables.

Après son départ du banc, Wenger devient directeur du développement du football mondial à la FIFA en novembre 2019. La FIFA indique alors qu’il participe notamment à la réflexion sur le développement technique, la formation et l’évolution du jeu. Il ne dirige plus un club, mais son regard reste tourné vers les mécanismes qui fabriquent les joueurs et les équipes.

La reconnaissance institutionnelle est nette. Wenger est chevalier de la Légion d’honneur depuis 2002, officier honoraire de l’Ordre de l’Empire britannique depuis 2003, membre du Hall of Fame du football anglais depuis 2006 et du Hall of Fame de la Premier League depuis 2023. Ces distinctions ne remplacent pas les résultats, elles attestent de leur portée.

Les supporters d’Arsenal gardent de lui des souvenirs parfois opposés. Il y a les années de frustration, les banderoles hostiles et le sentiment que le club avait perdu du terrain. Il y a aussi Highbury, les déplacements européens, le football de Henry, les courses de Vieira, les feintes de Bergkamp et le rouge et blanc devenu une référence mondiale.

Arsène Wenger a surtout laissé une exigence difficile à porter. À Arsenal, gagner ne suffit plus tout à fait : il faut aussi proposer un jeu reconnaissable, construire sans trahir l’histoire du club et penser au-delà du samedi suivant. C’est une charge lourde pour ses successeurs, mais c’est le signe d’un héritage qui reste vivant.

Combien de temps Arsène Wenger a-t-il entraîné Arsenal ?

Arsène Wenger a dirigé Arsenal du 1er octobre 1996 au 13 mai 2018. Sa période à la tête du club a duré près de vingt-deux ans, ce qui en fait l’entraîneur le plus longtemps resté en poste dans l’histoire d’Arsenal et de la Premier League.

Quels trophées Arsène Wenger a-t-il gagnés avec Arsenal ?

Il a remporté trois championnats d’Angleterre, en 1998, 2002 et 2004, ainsi que sept FA Cups. Arsenal a également gagné plusieurs Community Shields sous sa direction et atteint les finales de la Coupe UEFA 2000 puis de la Ligue des champions 2006.

Pourquoi Arsenal est-il appelé les Invincibles ?

Arsenal porte ce surnom pour son championnat 2003-2004, terminé sans aucune défaite. L’équipe a obtenu 26 victoires et 12 matchs nuls sur 38 journées de Premier League.

Quelle était la principale méthode d’Arsène Wenger ?

Sa méthode associait préparation physique, alimentation plus contrôlée, recrutement international, formation des jeunes et football de mouvement. Il voulait des joueurs capables de comprendre le jeu et de prendre des décisions, particulièrement dans les zones offensives.