En bref, le maillot de l’Ajax Amsterdam ne doit pas sa réputation à une accumulation de détails graphiques. Sa force vient d’un dessin très simple, établi au début du XXe siècle et resté lisible malgré les équipementiers, les sponsors et les évolutions du football moderne.
- Le club néerlandais est officiellement fondé le 18 mars 1900, après une première existence associative sous le nom d’Union dans les années 1890.
- Avant la tenue blanche à large bande rouge, l’équipe a porté du noir, du rouge sombre et des rayures rouges et blanches.
- La bande rouge verticale apparaît en 1911, lorsque l’Ajax doit quitter ses rayures déjà utilisées par le Sparta Rotterdam.
- Le dessin repose sur trois éléments stables, le blanc, le rouge central et un short blanc, même si les détails ont souvent changé.
- Le maillot est devenu un repère culturel du football européen grâce aux équipes de Rinus Michels, Johan Cruyff et Louis van Gaal.
Maillot de l’Ajax Amsterdam : les couleurs avant la bande rouge
Le maillot de l’Ajax Amsterdam est aujourd’hui identifié en quelques secondes. Une tunique blanche, une large bande rouge au centre, un short blanc et des chaussettes blanches composent un uniforme que beaucoup associent immédiatement au football offensif néerlandais. Pourtant, cette silhouette n’est pas celle des premiers jours du club.
L’Ajax est officiellement créé le 18 mars 1900 à Amsterdam. Son histoire sportive remonte toutefois à une formation antérieure, Union, fondée en 1893 puis dissoute. Les archives visuelles et les travaux consacrés aux tenues anciennes montrent que les premières couleurs n’étaient pas encore fixées autour du blanc et du rouge central.
Dans ses premières années, l’équipe joue notamment avec une tenue sombre, souvent décrite comme noire, accompagnée d’une ceinture ou d’une bande rouge autour de la taille. Cette combinaison correspondait alors davantage aux usages des clubs amateurs qu’à une stratégie de marque. Les joueurs portaient ce qui était disponible, avec des équipements loin des standards industriels actuels.
La couleur rouge était déjà présente, et ce détail compte. Elle reliait l’équipe à Amsterdam, dont les symboles municipaux utilisent le rouge, le noir et le blanc. Il serait toutefois excessif d’affirmer que le maillot initial reproduisait directement le drapeau de la ville. Les sources historiques établissent une proximité de couleurs, pas une règle institutionnelle clairement documentée au moment de la fondation.
Au fil de son installation dans les compétitions locales, l’Ajax adopte une tenue à rayures rouges et blanches. Le changement donne au club une identité plus visible sur le terrain. Les rayures étaient fréquentes dans le football européen du début du siècle, bien avant que les maillots unis et les motifs numériques ne deviennent dominants.
Cette période rayée mérite d’être regardée sans la réduire à une étape anecdotique. Elle accompagne la progression sportive de l’Ajax vers les divisions supérieures. Le club grandit dans une ville où le football est déjà un spectacle populaire, mais où les structures restent encore éloignées des organisations professionnelles de l’après-guerre.
Les équipements de l’époque étaient conçus en coton épais. Ils absorbaient la pluie, devenaient lourds et résistaient mal aux lavages répétés. Le design comptait, mais la fonction restait rudimentaire. Les joueurs n’avaient ni tissus respirants ni coupes pensées pour les mouvements rapides, et les numéros dans le dos n’étaient pas encore un usage stable.
Le passage du noir aux rayures rouges et blanches raconte donc une transformation plus large. L’Ajax ne se contente plus d’être une association de quartier. Il devient progressivement une équipe capable de rivaliser dans le paysage footballistique néerlandais, avec des couleurs plus facilement reconnaissables par les adversaires et le public.
Le rouge, dans cette histoire, précède largement la fameuse bande rouge. Il ne faut pas considérer le maillot actuel comme une création sortie de nulle part en 1911. Il s’agit plutôt de l’aboutissement d’une recherche d’identité visuelle menée à travers plusieurs tenues, dans un football qui n’avait pas encore transformé chaque tunique en produit mondial.
Cette évolution éclaire aussi la différence avec d’autres grands clubs européens. Le rouge de l’Ajax n’est pas celui des rayures de l’AC Milan, dont le maillot rossonero et son histoire reposent sur une alternance verticale. À Amsterdam, la couleur doit occuper l’espace central sans supprimer le blanc qui fait respirer l’ensemble.
La période des premières tenues aide à comprendre ce qui rend le futur uniforme si particulier. La bande rouge ne s’impose pas parce qu’elle serait chargée d’un discours abstrait. Elle apparaît parce que le club doit se différencier, puis elle reste parce qu’elle offre une image nette, identifiable depuis les tribunes comme sur les photographies en noir et blanc.
Ce sont les circonstances sportives de 1911 qui vont faire basculer cette histoire vestimentaire. Une contrainte de règlement et de distinction entre clubs produit alors une solution graphique qui dépasse largement son objectif initial.

Pourquoi la bande rouge du maillot Ajax apparaît en 1911
La bande rouge centrale du maillot Ajax Amsterdam apparaît en 1911, au moment où le club accède à la première division néerlandaise. Cette date est retenue par l’Ajax et par les archives spécialisées dans les tenues de football. Elle marque moins une décision esthétique isolée qu’une adaptation à une règle pratique de reconnaissance entre équipes.
À cette période, l’Ajax porte des rayures rouges et blanches. Or le Sparta Rotterdam, club déjà installé au plus haut niveau, utilise lui aussi une tenue rayée rouge et blanche. Dans les compétitions néerlandaises, deux clubs ne peuvent pas évoluer avec un uniforme trop proche. L’Ajax doit donc modifier son apparence à son arrivée parmi l’élite.
Le Sparta est alors le club le plus ancien des deux au plus haut niveau. Il conserve ses rayures. L’Ajax cherche une alternative qui maintient ses couleurs sans créer de confusion. Le choix se porte sur un maillot blanc traversé par une large bande rouge verticale, du col jusqu’au bas de la tunique.
Ce choix est d’une grande sobriété. Il préserve le rouge, déjà ancré dans l’histoire de l’équipe, et il donne au blanc une place dominante. Le résultat ne ressemble ni à une tenue entièrement unie ni à un maillot à fines rayures. La bande devient l’élément qui distingue l’Ajax de loin, y compris lorsque le jeu se déplace rapidement.
Le terme « bande » est plus juste que celui de simple liseré. Sur les versions historiques, le panneau rouge occupe une portion importante de la face avant. Il ne sert pas à encadrer le maillot. Il structure tout le design, avec un contraste frontal que les équipementiers ultérieurs ont rarement osé remettre en cause.
Le changement de 1911 intervient avant l’ère des grands contrats commerciaux. Il n’est donc pas lié à une campagne publicitaire, à une demande de sponsor ou à une stratégie de vente internationale. Cela rend son destin encore plus singulier. Une tenue conçue pour éviter une confusion réglementaire devient, au fil des décennies, l’un des signes les plus connus du football européen.
Le blanc autour de la bande rouge produit aussi un effet de mouvement. Quand le joueur court, le centre coloré reste immédiatement perceptible, tandis que les zones blanches prolongent la ligne des épaules et des bras. Cette lisibilité n’est pas une théorie inventée après coup. Elle apparaît très clairement sur les images des années 1960 et 1970, quand l’Ajax devient une référence continentale.
Les détails ont pourtant varié. La largeur du panneau rouge a été ajustée selon les fabricants. Le col a pu être rond, en V, blanc, rouge ou souligné d’un fin trait. Les manches ont parfois reçu des empiècements colorés. Mais le rapport entre les deux teintes reste la règle que les supporters reconnaissent immédiatement.
Le tableau suivant replace les grandes étapes de l’histoire du maillot dans leur contexte. Les dates sont celles généralement retenues par l’Ajax et les collections historiques de tenues, notamment Football Kit Archive, consultables en 2026.
| Période | Tenue dominante | Élément rouge | Contexte |
|---|---|---|---|
| 1893-1900 | Noir | Ceinture ou bande horizontale | Époque d’Union |
| 1900-1909 | Rouge sombre | Maillot principal | Débuts de l’Ajax |
| 1909-1911 | Rayures blanches et rouges | Rayures verticales | Progression sportive |
| Depuis 1911 | Blanc | Large bande centrale | Accession à l’élite |
La lecture de cette chronologie évite une erreur fréquente. L’Ajax n’a pas toujours porté exactement le même maillot, mais il a préservé une logique de couleurs depuis ses débuts. La tenue blanche et rouge est donc stable par son principe, non par l’immobilité de chaque couture.
Cette origine donne au maillot une légitimité rare. Beaucoup de clubs changent radicalement d’apparence selon les cycles commerciaux. L’Ajax a fait l’inverse. Il a conservé la solution créée en 1911 parce qu’elle est devenue indissociable de son nom, de son stade et de sa manière de se montrer au reste de l’Europe.
La bande rouge n’est pas seulement une marque historique. Elle a ensuite été portée par des générations qui ont fixé l’image sportive du club néerlandais, de l’après-guerre au football total.
Le maillot Ajax Amsterdam et l’image du football total
Un maillot ne devient pas célèbre uniquement par son dessin. Il faut des matches, des joueurs et des images qui lui donnent une place dans la mémoire collective. Le maillot de l’Ajax Amsterdam aurait pu rester une tenue élégante de championnat néerlandais. Les années 1960 et 1970 en ont fait un symbole européen.
Sous Rinus Michels, puis avec Stefan Kovacs, l’Ajax impose un football de mouvement, de pressing et d’échanges de positions. Johan Cruyff en devient le visage le plus connu. Les photographies de cette période montrent souvent la même image, un joueur élancé, un ballon proche du pied, et cette bande rouge qui coupe le torse en plein centre.
L’Ajax remporte trois Coupes d’Europe des clubs champions consécutives, en 1971, 1972 et 1973. Ces titres ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer la force visuelle de l’uniforme. Ils le placent surtout devant les caméras, les journaux et les publics de toute l’Europe à un moment où les compétitions continentales prennent une dimension populaire considérable.
La version portée lors de la finale de 1972 contre l’Inter Milan, gagnée 2-0 à Rotterdam, illustre bien cette identité. Le maillot reste dépouillé. Aucun sponsor ne traverse la bande rouge. Aucun motif secondaire ne concurrence les couleurs. Le spectateur voit d’abord le club, avant de voir une marque ou un équipementier.
Cette sobriété a renforcé le lien entre l’Ajax et une certaine idée du football. Elle ne signifie pas que toutes les équipes portant du blanc et du rouge jouent de la même manière. Elle signifie que l’Ajax a associé durablement ses couleurs à une période où son jeu a influencé des entraîneurs, des joueurs et des centres de formation sur plusieurs continents.
Le lien avec Cruyff est particulièrement fort, mais il ne faut pas réduire le maillot à une seule figure. Piet Keizer, Johan Neeskens, Ruud Krol, Sjaak Swart et bien d’autres ont porté la même bande rouge dans les grands rendez-vous européens. Leur présence donne une profondeur collective à une tunique souvent racontée par le seul prisme du numéro 14.
Dans les années 1990, l’Ajax retrouve le sommet européen avec Louis van Gaal. La victoire en Ligue des champions 1995 face à l’AC Milan replace la bande rouge au centre du football continental. Patrick Kluivert marque le but décisif à Vienne, dans une équipe où Edwin van der Sar, Frank de Boer, Clarence Seedorf et Edgar Davids incarnent une nouvelle génération formée au club.
Le maillot de cette période n’est plus celui des années 1970. Les matières sont plus légères, les logos prennent de la place et le sponsor apparaît. Pourtant, le dessin résiste. Le panneau rouge reste large et frontal, assez solide pour ne pas être écrasé par les contraintes commerciales qui transforment alors les équipements européens.
Le cas de l’Ajax montre qu’un design cohérent offre plus de liberté qu’il n’en retire. Les fabricants peuvent changer le col, les poignets ou les motifs ton sur ton sans détruire l’identité générale. Ils savent aussi qu’une transformation radicale serait mal reçue, car elle toucherait un signe collectif plus ancien que les cycles habituels de vente.
Cette permanence distingue l’Ajax de clubs dont l’identité dépend davantage d’une couleur que d’une composition précise. Le maillot du Bayern Munich reste majoritairement rouge, mais il a connu de nombreuses interprétations, avec du blanc, du bleu, des rayures ou des effets graphiques. À Amsterdam, le critère est plus strict, car le blanc et le rouge doivent garder leur place respective.
Le football total a parfois été transformé en slogan. Il mérite mieux qu’une formule rapide. Sur le terrain, il reposait sur une formation technique exigeante, une lecture des espaces et une capacité à remplacer un partenaire dans une zone libre. Le maillot n’a jamais produit ce jeu, mais il est devenu le support visuel de cette mémoire.
Cette relation entre une tenue et une école de football explique la vigilance des supporters à chaque lancement annuel. Un détail peut varier. La bande rouge, elle, reste le contrat visuel entre le présent du club et les équipes qui l’ont rendu célèbre.
Les évolutions du design Ajax entre équipementiers et sponsors
Dire que le maillot Ajax Amsterdam est inchangé serait inexact. Sa structure générale demeure, mais son apparence a évolué avec les matières, les sponsors et les exigences commerciales. L’histoire du modèle se lit justement dans cette tension entre continuité graphique et adaptations nécessaires au football professionnel.
Les premiers équipements ne portent ni logo de fabricant ni publicité. Les maillots sont fabriqués pour jouer, pas pour devenir des objets de collection distribués à grande échelle. Avec la professionnalisation du football néerlandais et la croissance des compétitions européennes, cette situation change progressivement.
Adidas devient un partenaire majeur de l’Ajax à partir des années 1970. Les trois bandes de l’équipementier entrent alors dans le paysage visuel de la tunique. Elles peuvent apparaître sur les épaules, les manches ou les flancs selon les années, mais elles doivent composer avec la bande rouge plutôt que la recouvrir.
Le sponsor principal modifie encore davantage la surface disponible. TDK, entreprise japonaise d’électronique, reste associé à une longue période de l’Ajax, notamment dans les années 1980 et 1990. Le nom est placé au centre de la bande, ce qui crée une coexistence parfois délicate entre identité du club et visibilité commerciale.
ABN AMRO prend ensuite une place durable sur les maillots. Le logo de la banque, avec son bouclier vert et jaune, contraste fortement avec le rouge et le blanc. Ce n’est pas toujours le choix le plus harmonieux sur le plan esthétique. Il traduit néanmoins la réalité du football moderne, où le sponsor finance une part importante de l’activité du club.
Ziggo succède à ABN AMRO comme sponsor principal à partir de 2015. Son nom blanc sur la bande rouge est plus discret que certains logos précédents. Le changement montre qu’un partenariat peut s’intégrer différemment selon la palette du partenaire, même lorsque le club ne contrôle pas entièrement la charte graphique de la marque affichée.
Les maillots récents ont également vu apparaître des éléments liés aux compétitions UEFA, aux sponsors de manche et aux campagnes spéciales. Ces ajouts doivent être distingués du design de base. Un badge de Ligue des champions ou une marque sur la manche peut disparaître d’une saison à l’autre sans modifier le code central de l’Ajax.
La version domicile reste la plus surveillée. Les maillots extérieur et third permettent aux équipementiers davantage de liberté, avec du noir, du bleu, du beige ou des références culturelles à Amsterdam. Ils attirent un public différent et peuvent devenir recherchés, mais ils ne portent pas la même responsabilité symbolique que le modèle blanc à bande rouge.
Le maillot extérieur noir inspiré par Bob Marley, lancé par Adidas pour la saison 2021-2022, a notamment marqué les esprits. Le design rendait hommage à « Three Little Birds », chanson reprise par une partie du public de la Johan Cruyff ArenA. La tenue a connu un fort intérêt, mais elle ne remplace pas le maillot domicile dans la hiérarchie émotionnelle du club.
Cette distinction est utile pour qui cherche une pièce vintage ou contemporaine. Une tenue noire spéciale peut être plus rare, donc plus chère sur le marché secondaire, sans être plus représentative de l’histoire Ajax. Pour comprendre l’identité du club, la priorité reste le maillot blanc à panneau rouge, celui que l’équipe porte lors de la plupart de ses rencontres à domicile.
Les changements de col donnent souvent lieu à des débats plus vifs qu’ils ne le méritent. Un col rouge peut accentuer la bande centrale. Un col blanc donne une silhouette plus neutre. La question décisive est ailleurs, dans la largeur, l’alignement et la continuité du rouge sur la poitrine. Lorsque ces éléments sont respectés, le modèle reste fidèle à son héritage.
Le fabricant dispose donc d’une marge, mais elle est limitée. Un équipementier qui voudrait fragmenter la bande en motifs, la déplacer sur le côté ou l’amincir au point de la rendre secondaire prendrait une mauvaise direction. Le critère est simple, le maillot doit rester identifiable à distance avant même que l’on distingue l’écusson.
Reconnaître un maillot Ajax authentique et choisir une version fidèle
Le succès du maillot Ajax Amsterdam a créé un marché important de rééditions, de pièces vintage et de copies. Acheter une tunique du club demande donc un minimum de méthode, surtout lorsqu’un vendeur utilise les mots « rétro », « édition rare » ou « authentique » sans fournir de détails vérifiables.
Le premier élément à observer est la construction de la bande rouge. Sur un modèle domicile fidèle, elle doit être centrée et se prolonger de manière cohérente entre le torse et le bas du maillot. Une bande trop étroite, décalée ou interrompue par des blocs blancs mal placés indique souvent une interprétation approximative, voire une reproduction non officielle.
L’écusson constitue le deuxième contrôle. L’Ajax utilise depuis longtemps une représentation stylisée d’Ajax, héros de la mythologie grecque. Depuis 1990, le visage est dessiné à partir de onze lignes, en référence aux onze joueurs d’une équipe de football. Ce détail graphique est précis, mais il faut tenir compte de la période recherchée, car les écussons plus anciens ne suivent pas tous la même présentation.
Les étiquettes intérieures et les références produit sont utiles pour les maillots modernes Adidas. Une pièce officielle possède généralement un code article que vous pouvez comparer au catalogue de la saison concernée. Ce contrôle ne suffit pas à lui seul, car les contrefaçons peuvent imiter une étiquette, mais il permet d’écarter rapidement les annonces les moins sérieuses.
Les flocages demandent une vigilance particulière. Un nom comme Cruyff, Litmanen, Kluivert ou Tadic peut avoir été posé des années après l’achat initial. Cela ne rend pas forcément le maillot inutilisable pour être porté, mais cela retire sa valeur documentaire. Une tenue de collection doit être décrite honnêtement, avec la distinction entre flocage d’époque et ajout postérieur.
La liste suivante permet de contrôler une annonce sans se perdre dans des critères décoratifs.
- Vérifiez que la bande rouge est centrée, large et continue sur la face avant du maillot.
- Comparez l’écusson, le sponsor et le logo équipementier avec des photographies datées de la saison annoncée.
- Demandez une photo nette des étiquettes intérieures et de la référence produit lorsqu’il s’agit d’un modèle moderne.
- Contrôlez les badges de compétitions, car ils peuvent être ajoutés après coup sur une tenue standard.
- Examinez les coutures du panneau central, surtout sur les maillots des années 1990 et 2000 où elles sont visibles.
Une réédition officielle n’a pas le même statut qu’un original, mais elle peut être le meilleur choix pour porter le maillot au stade ou dans la rue. Les tissus anciens sont fragiles, les sponsors peuvent se craqueler et les tailles de l’époque correspondent rarement aux coupes actuelles. Une pièce de 1995 n’a pas été pensée pour les usages quotidiens de 2026.
Pour un collectionneur, la saison doit être identifiée avant de regarder le joueur associé. Le col, les trois bandes Adidas, la forme du sponsor et la texture du tissu permettent souvent de dater un modèle avec plus de précision que le flocage. Les photos de matches et les catalogues d’équipementiers sont plus fiables que les descriptions commerciales.
La question du prix exige la même prudence. Il n’existe pas de cote officielle unique pour les maillots Ajax vintage. Une annonce élevée ne prouve ni la rareté ni l’authenticité. L’état du textile, la provenance, la taille, le caractère match worn ou non, et la présence d’un sponsor d’époque pèsent davantage qu’un simple adjectif ajouté au titre de vente.
Un maillot porté en match possède une valeur spécifique seulement si sa provenance est documentée. Certificat du club, vente aux enchères reconnue, photographie associée ou traçabilité claire changent la situation. Sans cela, il faut le considérer comme un maillot de supporter ou une pièce attribuée, jamais comme un objet dont l’usage professionnel serait établi.
Le choix le plus cohérent reste souvent le plus simple. Pour retrouver l’identité de l’Ajax sans entrer dans une collection coûteuse, un modèle domicile officiel récent respecte mieux l’histoire du club qu’une copie vintage aux détails imprécis. La bande rouge doit rester au centre, au sens propre comme dans la lecture du maillot.
La bande rouge de l’Ajax dans la culture des supporters et du football européen
Le maillot Ajax Amsterdam dépasse désormais les frontières des Pays-Bas. Il est porté par des supporters qui ne suivent pas chaque match d’Eredivisie, par des amateurs de design sportif et par des collectionneurs sensibles à l’histoire du football. Cette circulation internationale repose sur une image construite pendant plus d’un siècle, pas sur une mode passagère.
Dans la Johan Cruyff ArenA, la tenue domicile agit comme un repère collectif. Les tribunes voient une masse blanche coupée de rouge, facilement identifiable lorsque les joueurs entrent sur le terrain. Le phénomène est renforcé lors des rencontres européennes, où les couleurs de l’Ajax se détachent face à des adversaires dont les uniformes sont souvent plus chargés.
Cette clarté explique pourquoi les changements trop ambitieux sont discutés avec vigueur. Les supporters acceptent qu’Adidas modernise les matières ou ajoute des références à la ville. Ils demandent en retour que le club ne sacrifie pas ce qui permet à la tenue d’être reconnue en une seconde. Ce n’est pas une nostalgie figée, c’est un critère de continuité.
Le blanc et le rouge de l’Ajax ne sont pas seuls à porter une identité urbaine et sportive forte. Le maillot d’Arsenal et son histoire montre aussi comment une couleur principale peut traverser les générations. La différence est que l’Ajax repose sur une composition verticale très codifiée, alors qu’Arsenal a davantage joué sur les manches blanches, les nuances de rouge et les détails de col.
La présence de la bande rouge dans la culture populaire s’explique aussi par les images de Johan Cruyff. Ses gestes, ses interviews et son influence tactique ont été vus bien au-delà du public de l’Ajax. Le maillot apparaît ainsi dans des documentaires, des ouvrages, des affiches et des collections de vêtements qui racontent une certaine Europe du football.
Cette visibilité comporte un risque. Lorsqu’un symbole devient mondial, il peut être détaché de son contexte. Porter une tunique Ajax ne signifie pas automatiquement connaître les débuts du club, son rapport à Amsterdam ou les raisons du changement de 1911. Mais l’histoire reste accessible à celui qui veut comprendre ce qu’il porte, sans transformer le vêtement en simple accessoire.
Le cas des maillots spéciaux illustre bien cette tension. Les références musicales, artistiques ou urbaines peuvent attirer de nouveaux publics. Elles fonctionnent lorsqu’elles prolongent une relation réelle entre le club, son stade et sa ville. Elles deviennent plus fragiles lorsqu’elles masquent complètement les codes visuels qui ont rendu l’Ajax reconnaissable.
La bande rouge a aussi une fonction sportive concrète. Sur les archives de matches européens, elle permet de suivre les mouvements de l’équipe malgré la qualité variable des images. Le regard localise le centre du corps, puis la course du joueur. Cette efficacité visuelle ne résume pas l’identité d’un club, mais elle explique pourquoi certains dessins traversent mieux le temps que les motifs plus complexes.
Dans le football contemporain, les équipements sont renouvelés chaque saison. Le calendrier commercial pousse à produire une nouveauté permanente. L’Ajax échappe partiellement à cette logique parce que son maillot domicile possède déjà une structure que le public attend. Chaque saison peut apporter une variation, mais elle ne repart jamais de zéro.
Cette continuité produit un effet rare, celui d’une mémoire immédiatement lisible. Un enfant qui découvre l’équipe aujourd’hui voit presque le même code visuel que celui aperçu sur les images de Cruyff ou de la finale de 1995. Les matières changent, les sponsors changent, les joueurs changent, mais le rouge central maintient un lien direct entre ces époques.
Le maillot est donc plus qu’un produit dérivé, sans qu’il soit nécessaire de lui prêter une valeur mystique. Il est une archive portée, une manière de reconnaître une équipe avant le coup d’envoi et de relier le football actuel à des images plus anciennes. Peu de clubs ont conservé une silhouette aussi nette sans la vider de son sens.
La prochaine version domicile sera jugée sur ce point précis. Tant que la bande rouge reste large, centrale et entourée de blanc, l’Ajax conservera ce qui fait de son uniforme l’un des dessins les plus cohérents du football européen.
Depuis quand l’Ajax Amsterdam porte-t-il la bande rouge centrale ?
L’Ajax adopte le maillot blanc à large bande rouge verticale en 1911, lors de son accession à la première division néerlandaise. Le changement répond alors à la nécessité de se différencier du Sparta Rotterdam, qui porte déjà des rayures rouges et blanches.
Pourquoi le maillot de l’Ajax est-il blanc et rouge ?
Le rouge est présent dans les premières tenues de l’équipe et renvoie aussi aux couleurs visibles dans l’identité d’Amsterdam. Le blanc et le rouge central sont devenus le code du club après l’abandon des rayures en 1911.
L’Ajax a-t-il toujours joué avec ce même maillot ?
Non. Les premières équipes ont porté une tenue sombre avec un élément rouge, puis du rouge sombre et des rayures rouges et blanches. Le principe blanc avec bande rouge centrale est maintenu depuis 1911, avec des variations de col, de tissu, de sponsor et d’équipementier.
Comment reconnaître un maillot Ajax officiel ?
Il faut comparer la bande centrale, l’écusson, le sponsor, le logo de l’équipementier et les étiquettes intérieures avec les visuels de la saison annoncée. Pour une pièce ancienne, la provenance et l’état du flocage comptent davantage qu’une description commerciale affirmant qu’elle est rare.
