SL Benfica : la Béla malédiction

 SL Benfica : la Béla malédiction

Les supporters du SL Benfica connaissent le mot « malédiction » mieux que la majorité des autres clubs. En effet, le club de Lisbonne n’a gagné aucune finale de compétition continentale depuis 1962. Cette date marque la deuxième Coupe des Clubs Champions, ancêtre de la Ligue des Champions, des Benfiquistas.

Le 22 mai 1963, le tenant du titre Benfica se rend à Wembley pour y affronter l’excellent Milan AC en Coupe des Clubs Champions. Eusébio contre Cesare Maldini, Nereo Rocco contre Fernando Riera, ce duel promettait une belle affiche. Le club portugais s’incline 2 buts à 1. Cette rencontre marque alors le début de la « malédiction » du SLB. Cette fatalité dure encore aujourd’hui. Les clubs de Chelsea et de Séville en ont ainsi respectivement profité en 2013 et 2014. Le SL Benfica, arrivé en finale de l’Europa League deux fois consécutivement, perd donc face à ses adversaires directs. Ces deux titres perdus restent les derniers exemples de la malédiction qui frappe le club lisboète.

Entre le Milan et Chelsea, Benfica atteint alors 5 fois la finale d’une compétition européenne, une chance pour ses adversaires. Seulement 2 ans après sa défaite contre Milan, le SLB se déplace dans la ville italienne pour y affronter l’autre club, l’Internazionale. Nouvelle désillusion pour les coéquipiers d’O Rei, l’Inter s’impose 1 à 0. Seulement 3 ans plus tard, les Portugais prouvent encore qu’ils comptent parmi les meilleurs clubs du monde. Ils atteignent une nouvelle fois la finale de la C1 et s’inclinent de nouveau. Cette fois-ci, l’heureux élu et champion d’Europe en 1968 fut Manchester United.

Chelsea FC vs SL Benfica, finale de la Ligue Europa 2014
Image 1. Chelsea FC vs SL Benfica, finale de la Ligue Europa 2014

Nouvelles générations, même malédiction

Malheureusement pour les finalistes perdant des coupes d’Europe pendant les 15 années qui suivent, Benfica n’arrive plus jusqu’à ce stade de la compétition. Les Lisboètes retrouvent ainsi le club belge d’Anderlecht en finale de la C3 cette fois, la Coupe de l’UEFA. Celle-ci se joue en aller-retour. Sans surprise, les Mauves s’imposent sur la double confrontation. Benfica perd alors sa 4ème finale consécutive. La malédiction qui touche le SLB devient de plus en plus imposante et instaure de plus en plus de paranoïa chez les supporters lisboètes. Seulement 5 ans après la défaite contre le club belge, une nouvelle équipe peut encore remercier Béla Guttman.

Eusebio aux côtés de  Béla Guttmann
Image 2. Eusebio aux côtés de Béla Guttmann

Le 25 mai 1988, à Stuttgart cette fois-ci, le SL Benfica retrouve la finale de la Coupe des Clubs Champions. Il y affronte alors le PSV Eindhoven de Ronald Koeman. Comme à chaque fois, l’adversaire se sert du club portugais pour s’octroyer un trophée européen. La dernière finale avant les deux consécutives au XXIème siècle se joue à Vienne. Le Benfica rencontre ainsi son premier bourreau, le premier chanceaux, le Milan AC. Ce « remake » du match de 1963 se termine de la même manière, défaite du SLB contre l’équipe légendaire italienne. En résumé, le Benfica perd 8 finales entre 1963 et 2014 pour aucune victoire.

Lire Aussi | Profondeur, pressing, créativité : Le Gil Vicente de Ricardo Soares

Béla Guttmann, le prodige

Cette malédiction n’est pas sans fondement. Elle vient alors d’une simple phrase prononcée en 1962, avant le début de saison de la première finale perdue. En 1959, Béla Guttmann signe en tant qu’entraîneur du SL Benfica après un passage chez l’ennemi, le FC Porto. Il arrive en tant que champion du Portugal en titre avec les Dragons. Lors de ses 3 seules saisons à Lisbonne, il remporte ainsi tous les trophées nationaux possibles : le championnat et la Coupe du Portugal. Son équipe, emmenée notamment par le capitaine Mário Coluna puis les débuts de la légende Eusébio, restera l’une des plus mémorables de l’histoire de la Primeira Liga et inspire encore aujourd’hui de l’admiration.

Toutefois, les exploits les plus importants de Béla Guttman avec le SL Benfica sont les deux titres en Coupe des Clubs Champions. Lors de la saison 1960/1961, son équipe met fin à 5 ans de règne du Real Madrid en C1 en renversant le FC Barcelone 3 buts à 2 dans la ville de Berne, en Suisse. Cette victoire se suit alors d’une nouvelle Coupe d’Europe l’année suivante. Cette fois-ci, face au grand Real Madrid de Gento, Di Stefano et Puskás, ce dernier inscrivant un triplé. Cette finale légendaire voit ainsi un score de 5 à 3 au tableau d’affichage, avec aussi un doublé d’Eusébio. Ce match demeure le dernier du premier mandat de Béla Guttmann avec le SL Benfica.

Lire Aussi | 10 jeunes à suivre en Liga BWIN en 2022

Béla Guttmann, le sorcier

Cette victoire marque donc la fin de l’ère Guttmann au Benfica. Une étrange décision étant donné que le club lisboète obtient les meilleurs résultats possibles. Au final, la revalorisation salariale demandée par l’entraîneur hongrois n’est pas acceptée par les Portugais. Béla Guttmann, l’un des meilleurs coachs de l’histoire du SLB, est alors très déçu de ses dirigeants. Selon lui, son travail méritait une récompense salariale. Il décide alors de maudire le club : « Je m’en vais en vous maudissant. À partir d’aujourd’hui et pendant 100 ans, Benfica ne remportera pas une Coupe d’Europe. »

La malédiction frappe donc le SL Benfica depuis cette phrase. Au bout de 8 finales perdues et de 52 ans, le président de l’époque Luís Filipe Vieira décide de remédier à cela et tente de parer cette malédiction. Il fait construire ainsi pour les 110 ans du club en 2014, une statue de 2 mètres de haut de Béla Guttmann avec ses 2 Coupes des Clubs Champions dans les mains. Cette sculpture apparaît aussi 1 an après la seconde finale d’Europa League perdue contre Séville. Cette action prouve aussi que dans le club, cette malédiction effraie et reste toujours dans les pensées.

Le calcul est simple, le prochain titre européen du SL Benfica arrivera au minimum en 2062, soit 100 ans après la déclaration de Béla Guttmann. Il reste alors 40 ans d’attente aux supporters lisboètes avant d’enfin retrouver le bonheur continental.

Benjamin Baduel

Related post

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *